L.N MAXt:SCRIT INEDIT DE SAINT-SDION 459 non-propriétaires, entre les mains desquels le gouvernement se trouve :rnjourd'huy et qui se sont donné pour chef Robespierre, le plus incapable et le plus atroce de tous les hommes. Les Français ont passé au travers de la liberté; ils marchent directement Yers leur ruine; bientôt la France n'existera plus; déjà j'ai de la peine;\ l'aperceYoir sur la carte de l'Europe. » Le ministère anglais, ainsi que la majorité du Parlement, ont approuvé l'opinion de M. Burke. Le peu de personnes qui l'ont réfutée ne l'ont point fait d'une maniére co1wenable. Le défaut de réfutation Je l'opinion de M. Burke a constaté à la fois l'incapacité de M. Pitt et celle de la nation anglaise en haute politique. S'il s'était trouve un seul Anglais capable de traiter cette question de politique génèrale, il aurait répondu à M. Burke : « Burke, tu te laisses aller à ton brutal désir de vcir anéantir la nation française. Tu as perdu de ,·ue l'histoire de notre Révolution. Tes raisonnements ne sont pas basés sur l'observation; ils sont ceux d'une tête légère et il serait honteux à la nation de les écouter et de les suine. Lis attentivement l'histoire de notre Révolution; tu y trouYeras l'assassinat de Charles Jer, la longue et atroce existence des niveleurs et la tyrannie de Cromwell; tous ces désordres nous ont-ils fait manquer le but qu'on s\:tait proposé, celui de la liberté? » HORNI::TOOKE Le docteur Hornetooke a fait ses efforts : 1° pour déterminer la nation anglaise à procéder à sa réforme parlementaire; 2° pour lui inspirer le désir de diminuer le pouYoir royal et d'~ccroitre celui du Parlement. Les efforts d'Hornetooke ont été sans effet; mais la résistance qu'on lui a opposée a été sourde, astucieuse et ignoble. Ni les ministres, ni aucun membre du Parlement, ni aucun habitant des trois royaumes n'ont osé croiser le fer politique aYec lui. Si j'aYais été Anglais, j'aurais répondu à Hornetooke : « Les institutions républicaines ont été les premières que l'humanité ait établies; elles ont été le produit de l'intelligence de son premier :i.ge; nous devons l'institution monarchique aux progrcs des lumicres et à l'avancement en âge de l'espèce. \'os efforts pour nous républicaniser tendent à nous faire rétrograder; ils ne peuvent avoir aucun succcs durable et ils nuiront nécessairement au bonheur de la génération présente. « Les organisations nationales n'ont jamais pu être que des organisations secondaires. L'organisation générale, que vous pouYez appeler indifféremment scientifique ou religieuse, est celle qu'il faut étu-
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