LA RE\'UE SOCIALISTE l'Italie dans les seize ou vingt annces écoulées, - cette histoire faite de larmes, de souffrances, de misércs, de cris de réYolte et de rage. La longue et douloureuse étape que le peuple italien a parcourue, - Ambala<Yi .\doua, l'insurrection des Fasci, le soulcvemcnt milanais, - " ' I.1 jalonnent en bornes de feu et de sang. Le rapprochement a\'ec la France qui s'est préparé des la chute de Crispi, par IJ traité italotunisicn, est la conclusion et la sanction de cette cruelle période. li a fallu qu'Hurnbcrt sentit son trône ébranlé, le loyalisme de ses sujets atteint :\ fond, la démocratie frcmissantc, les barricades prêtes partout à surgir, les Jacqueries rurales presque dcchainccs dans tout le Sud, le socialisme organisé, armé pour la lutte dans le ~ord, en Toscane, dans la Romagne, - pour qu'il comprit la grandeur de sa méprise. ,\ujourd'hui il et:dc aux injonctions du peuple, éclairé par l'oppression qui pésc sur lui, par les exactions qu'il a subies. C'est par intérêt dynastique que la maison de SaYoic essaie d'une transaction aYec la France, parce qu'elle croit a une prompte recrudescence d'échanges et :i un rcvcil soudain de la production nationale. La volte-face Je la royauté est d'ailleurs tardi\'e; elle restera vainc. Humbert ne saU\'l!a pas plus son tronc en renonçant partiellement à la politique de défis c.:t d'armements, que Louis X\'I ne mit à l'abri son pouvoir en conYoquant les États Généraux. Cne humiliation consentie n'a jamais présen·é une couronne. La révolution qui gronde dans les couches profondes de la nation italienne ne sera pas différée d'un jour par les concessions forcées du Quirinal. • * • L'accord économique a etc accueilli presque unanimement par des paroles sympathiques, des deux cotés des Alpes. A l'heure où nous ..'.:cri\'011s, nous ne pouYons que juger par conjecture de l'attitude du Parlement de· Rome. Sans doute, a côté d'une grosse majorité favorable a la sanction du pacte, une infime minorité \'icndra rappeler à grand fracas les griefs contre la France. Quelques caudat.tires de Crispi éYoqueront les difficultés anciennes et proféreront des exclamations de haine. La démocratie française n'y prendra pas plus garde que la démocratie italienne ne s'est soucicc des déclamations hostiles portées à la tribune du Palais-Bourbon. Libre aux « nationalistes» des deux côtés des Alpes, d'extraire de Yieux ounages, de produire des citations tronquées ou justement tombces dans l'oubli. Ils ne donneront que la mesure de leur turbulence, de leur vanité et de leur inHaisemblable ignorance. Le discours de M. Firmin Faure, où les inexactitudes historiques coudoyaient les redites les f,lus banales, n'a guerc fait impression sur le Parlement français, et Gioberti et
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