1.' ACCORD FRAXCO-ITALIE~ 39 Machiavel ont été prestement remis à leur place dans un passé qui n'a rien de commun avec le présent. Si tel rhéteur de Sicile ou des Pouilles, tel gallophobe stylé par Crispi exhume des articles de certaines de nos feuilles soi-disant patriotes, nous sommes sûrs que les représentants italiens n'y prêteront plus qu'une oreille distraite. Que la sottise nationaliste s'efface là-bas comme chez nous, deYant la leçon des faits, devant la grande pensée de fraternité et d'amitié qui monte des peuples désormais réfractaires aux excitations criminelles! * * * Cette réconciliation est une Yictoire - moins ici encore qu'en Italie - pour les apôtres de la démocratie qui n'ont cessé de la prêcher, qui ont poursuivi et accompli la tâche généreuse, au mépris des insultes et des calomnies. Que le grand mort Cavalotti soit remercié, lui qui n'était point dans les rangs du socialisme, mais qui avait au moins dénoncé le crime de la rupture de 1888 ! Merci encore à Imbriani, à Bovio, à Colajanni, à Ferri, à tous ceux qui ont combattu, en dépit des dangers et des menaces, la politique dynastique, l'adhésion à la Triplice! Tous ceux-là ont le droit d'être heureux et fiers, car l'événement d'hier est leur œuvre, et peut-être, sans leur constance d'efforts, le sang eût-il coulé, à telle ou telle date, dans les defilés des montagnes, où bersagliers et alpins se surveillent nuit et jour. Il faut le crier bien haut, car il y a là un indice des temps nouveaux, un signe et un symbole de la puissance prolétarienne. C'est la démocratie qui, à Paris comme à Rome, a voulu, exigé, assuré le rapprochement : ce sont ses hommes qui par leur action parlementaire et publique, ont coupé court aux velléités guerriéres des dirigeants. La tâche est assez haute pour que dans cette Revue nous ayons le droit de nous en réjouir. * * * Une dernierc considération. La Triplice n'est point tout ù fait morte; elle subsiste encore, parce qu'aussi bien le traité qui la sanctionne n'est pas arrivé à échéance. Mais nous ne croyons pas qu'elle puisse être renouvelée, au moins en sa forme présente. L'accord franco-italien est un de ces multiples incidents qui ont disloqué, bouleversé l'équilibre de la vieille Europe et préparé des groupements nouveaux. Déjà, il y a froissement entre l'Allemagne et l'Autriche; la froideur entre l'Autriche et l'Italie est ancienne. Les commentaires dont la presse berlinoise, munichoise, viennoise, et surtout la presse I
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