LA REVUE SOCIALISTE rente! Il faut que sa fille ~pouse le marquis Cresccnzi «quia la bonté d'être amoureux de vous, de vouloir vous épouser sans dot et de vous assigner un douaire de 30,000 livres de rente, avec lequel, du moins, je pourrai me loger» (r). Il saura bien au besoin envoyer sa fille s'ennuyer dans un couvent le plus triste de Parme et la laisser se morfondre jusqu'à ce qu'elle daigne faire un choix, car elle a refusé déja « cinq ou six partis, et des premiers, comme une petite sotte>>. Vous pensez bien que lorsque Fabrice del Dongo, malgré tout, n.:ussit à s'éYader, le gouverneur de la forteresse en devient malade et se regarde « comme personnellement déshonoré ». Et quand, délibérément et pour reYoir sa chcre Clelia Conti, Fabrice se constitue à nouYcau prisonnier : « Mais, se dit Fabio Conti, c'est le ciel qui me J'envoie pour réparer mon honneur et me sauYcr du ridicule qui flétrissait ma conduite militaire. Il s'agit de ne pas manquer l'occasion : sans doute on va l'acquitter et je n'ai que peu de jours à 111(; venger» (2). Aussi engagc-t-il, - ou du moins le prince de Parme le soupçonne fort - le fiscal Rassi à faire périr Fabrice par le poison. « J'ai bonne envie de renvoyer tout simplement par devant les tribunaux le général Fabio Conti, déclare le prince. Les juges verront s'il est coupable de tentative d'empoisonnement>:. Mais la duchesse Sanseverina intercède à cause de Clélia dont le mariage avec le marquis Crescenzi deyiendrait impossible. Fabio Conti est seulement exilé jusqu'à l'époque du mariage de sa fille. Le général, réfugié a Turin, est malade de chagrin et Clclia se sacrifie et ccrit a son père qu'elle consent à épouser le riche marquis. « Mais, à la vérité, le contre-coup de cette résolution avait été de la vieillir de dix ans. » Qu'importe! le général a l'espoir de reparaitre a la cour, chose sans laquelle la vie est impossible pour lui et ses amis feront qu'il soit bientôt réinstallé gouverneur de la prison (3). UN Gl~NÉRAL-DOMESTIQUE : FOXTAXA En même temps qu'il nous montre un général-geôlier, Stendhal a soin de faire vivre sous nos yeux un général-domestique. Cc dernier s'appelle Fontana. Cc général est aide de camp du prince de Parme, Ernest IV, à la porte duquel il a l'habitude « de rester debout et raide comme un soldat au port d'armes». Un jour et pour sam·cr son neveu que l'on va s'imao-inc-t-ellc ' 0 ' condamner aux galcres, la duchesse Sanseverina se fait conduire au (1) La Chartreuse de Parme, page 290. (2) Id. page 393. (3) Id. page ,po.
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