STEXDHAL ET LE ~111.ITARJS~IE palais du prince et sollicite une audicncc. Mais elle n'est point en grand habit de cour, « cc qui jette l'aide de camp dans une stupeur profonde» (1). Néanmoins il se rend auprés de son maitre. En voyant les yeux brillants d'Ernest IV et en se rappelant l'habit de la duchesse, il croit à la dissolution de la monarchie! Son ébahissement n'a plus de bornes quand il entend son maître lui dire: Priez madame la duchesse d'attendre un petit quart d'heure. « Et il fait demi-tour comme un soldat ~\la parade. » Au bout de Yingt minutes, « le fidélc Fontana se présente de nouveau à la porte», pour donner acccs a la duchesse (2). Mais tandis que la tante de Fabrice et Ernest IV causent, on frappe à la porte. Quel est le jean-sucre, s'écrie le prince en jurant de toute la force de ses poumons, qui vient ici m'apporter sa sotte présence? « Le pauvre général Fontana montra sa figure pale et totalement renversée et ce fut a\·ec l'air d'un homme à l'agonie qu'il prononce ces mots mal articulés : Son Excellence, le comte Mosca sollicite l'honneur d'être introduit» (3). De l'entretien de la duchesse Sansevcrina, d'Ernest I\' et du comte Mosca résulte que la marquise Ravcrsi sera exilée. « Général Fontana! s'écria le prince en cntr'ouvrant la porte. « Le général parut avec une figure tellement étonnée et tellement curieuse qu'il y eut échange d'un regard gai entre la duchesse et le comte ... « Général Fontana, dit le prince, Yous allez monter dans ma voiture qui attend sous la colonnade, vous irez chez la marquise Raversi, vous vous ferez annoncer; si elle est au lit vous ajouterez que vous venez de ma part et, arrivé dans sa chambre, vous direz ces précises paroles et non d'autres : Madame la marqt..isc Ravcrsi, son Altesse Sérénissime vous engage à partir demain ... >> (4). Une autre fois, sous serment qu'elle se donnera toute à lui, le prince accorde à la duchesse la mise en liberté de son neveu. - « Général Fontana, ordonne le prince, courez à la citadelle, ventre à terre, montez aussi vite que possible à la chambre où l'on garde M. del Don go et amenez-le-moi; il faut quc je lui parle dans vingt minutes, et dans quinze, si c'est possible. » La duchesse, qui craint le poison pour Fabrice, ordonne à son tour, entr'autres choses : Si Fabrice a touché à son repas, faites-le vomir, dites-lui que c'est moi qui le veux, employez la force, s'il le faut. « Madame la-duchesse, dit le genéral Fontana, mon chcYal est (1) La Cbartreuse de Parme, page 215. (2) Id. page 216. (3) Id. page 219. (4) Id. page 222.
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