STE::-.:OIIAL ET LE MILITARIS~IE 41 I rieurs d'âmes que j'ai vus dans la retraite de Moscou m'ont à jamais dégoùté des observations que je puis faire sur les êtres grossiers, sur ces manches à sabre qui composent une armée» (1). De ces êtres grossiers, Henri Beyle a conservé un dédaigneux souvenir. Etant à Rome en 1832, « pour employer ses loisirs dans cette terre étrangcre, il a enYic d'ccrirc un petit mémoire de cc qui lui est arrivé pendant sondernicrrnyage ù Paris,dc 182r à 1830 »(2). Il réalise ce désir et, tout en écrivant, il rappelle qu'en 1811, il assista à la réception de M. Destutt de Sacy ù l'Académie française, par M. de Ségur. Celui-ci « dit des sottises au nom du despotisme impérial... Quoiqu'attaché à la cour je fus profondément dégoùté. Nous allons tomber dans la barbarie militaire, nous allons devenir des général Grosse, me disais-je» (3). Qu'était cc général Grosse pris en termes de si basse comparaison? Stendhal a soin de nous renseigner. « Ce général que je Yoyais chez madame la con1tessc Daru était un des sabreurs les plus stupides , de la garde impériale, - c'est beaucoup dire ... li hrùlait surtout de sabrer les Français ennemis de l'homme (Napoléon) qui lui donnait la pi'tturc. Cc caractérc est devenu ma bête noire, tellement que le soir de la bataille de la Mosko,Ya, Yoyant à quelques pas les tentes de deux ou trois généraux de la garde, il m'arriYa de dire : Ce sont des insolents de ... ! propos qui faillit me perdre » (-J). Stendhal s'est, dans ses romans, beaucoup ocdpè des généraux. Sous quel jour les a-t-il dépeints? Examinons-le. Tout d'abord dans la Chartreuse de Parme, deux généraux d'Italie, sa patrie d'adoption. Ul\ GÉNÉRAL-GEOLIER : FABIO CONTI. Avec sa mère, la marquise del Dongo, et sa tante la comtesse Pietranera Fabrice a résolu de se cacher à Milan. On lui a loué au ha- ' sard une voiture et l'on est parti. Mais, au détour que fait la route pour tourner la colline· et le bois de San-Giovani, trois gendarmes déguisés sautent à la bride des cheYaux. Bientôt après, on Yoit déboucher d'un (r) Correspo11da11cc. Tome I, page 24. (2) Ibid. page r. (3) Souvenirs cl'égotisme, page 27. (4) Id. page 27.
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