ESSAIS SUR LA MO>;NAIE, LE CRÉDIT ET LES BANQUES ..J-O9 rétrogrades de l'évolution progressive du crédit public; en France ces perturbations furent aussi fréquentes que de longue durée; nous avons cependant signalé et nous insistons à nouveau sur les formes nouvelles et supérieures réalisées à ce moment. En France et ailleurs avec la , , constitution, au seiziéme siccle, des grands États, et déjà même antérieurement, nous venons de YOir que le crédit public, toujours à la remorque du crédit privé, a,,ait revêtu une forme depuis longtemps intégrée dans la constitution de celui-ci : le roi fournit caution solidaire au moyen de domaines appartenant à des seigneurs intervenant au contrat; enfin, certains de ces contrats contiennent une clause a·ccessoire par laquelle il donne aux prêteurs· la garantie de son royaume ou domaine d'une façon générale. Déjà, en I 522, François Ier s'était servi d'une combinaison, utilisée deux siccles auparavant par Philippe le Bel : le prêt garanti par une délégation spéciale sur le produit d'une taxe déterminée, mode encore en usage aujourd'hui chez certaines nations obérées ou soumises à un contrôle financier étranger : la Turquie, la Grèce, l'Égypte, la Tunisie, etc. Cet emprunt de r 522 servit de modèle à tous les empi·unts postérieurs jusque vers la fin du dix-huiticme siccle dans la plupart des pays de l'Europe. Ce mode de crédit public renfermait en germe une évolution nouvelle. Nous avons vu, en effet, qu'en 1521, le trésor étant vide, le roi s'était adressé à !'Hôtel-de-Ville de Paris. Il avait fait appel aux « officiers, bourgeois, manants et habitants de la ville » leur demandant 200,000 livres tournois moyennant aliénation « à perpétuel rachat et réméré de 16,666 livres de rentes sur la ferme du pied fourché » et autres impositions. La cession fut faite au préYôt des marchands et aux échevins de la cité, chargés de répartir ces rentes entre les particuliers qui prêtaient leurs capitaux et de lever les taxes ainsi engagées pour en employer le produit au paiement des intérêts et au remboursement des capitaux; le roi s'interdisait de percevoir lui-même ces taxes. Nous avons vu qu'il faillit à son engagement, mais c'est là le point accessoire au point de vue de l'évolution; l'absence justifiée de confiance retarda seulement celle-ci; mais viennent maintenant des institutions plus réguliéres et moins arbitraires, avec leur confiance, les prêteurs rendront à l'État le droit de recevoir lui-même ses taxes et même ils renonceront à toute garantie spéciale. Ce processus, comme nous le verrons, se manifestera naturellement chez les nations qui prendront en Europe la tête de la civilisation économique et politique, la Hollande et l'Angleterre. GUILLAUME DE GREEF. (A suivre.)
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