La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE celui de la même année de 300,000 livres. Toutes les aliénations consenties pour garantir ces emprunts furent révoquées par l'édit de Sainte-Menehould l'année même où elles avaient été consenties, mais rétablies e11 partie un mois aprés leur révocation. C'était inévitable; le systémc de renoncer a des revenus réguliers pour se procurer des capitaux dépensés en guerres et en prodigalités n'était pas soutenable, il ruinait le crédit de l'État. Aussi, pendant tout son régne, François a-t-il recours aux expédients antérieurs encore plus grossiers; s'il succomba dans sa lutte contre Charles Quint et si la Couronne impériale fot attribuée a ce dernier, il faut l'attribuer ayant tout a la puissante intervention de la finance en faveur du roi d'Espagne (1). François, réduit de plus en plus aux expédients, retombait entre les mains des marchands aux conditions les plus onéreuses. Ceux de Lyon devinrent ses principaux commanditaires. C'est a eux qu'en r 55 2, Lautrec manquant d'argent en Italie, François est obligé de s'adresser; il Yient :i Lyon, écrit-il lui-même aux Lyonnais, pour cc manger des melons », c'est-à-dire faire chère lie et emprunter. Le 22 janvier r 5 37, François Ier remercie le cardinal de Tournon, gouverneur de Lyon, cc d'avoir fait un emprunt de 40,000 livres chez les banquiers de Lyon à 3 °/0 par mois!» Les banquiers avaient exige en outre l'engagement personnel du cardinal, ne voulant traiter qu\wec celui-ci. En I 547, nouvel emprunt en foire de Lyon de 6,850,840 livres IO sous. Il est tellement discrédité qu'il revient ou tente de revenir a la forme primitive et violente des extorsions. Plusieurs monastères de France avaient des joyaux; l'église Saint-Martin de Tours en particulier possédait une balustrade d'argent massif que Louis XI avait donnée a l'apôtre des Gaules, a la nouvelle de la mort de Charles le Téméraire. François demande au chapitre l'autorisation de la convertir en monnaie, suivant l'exemple récent du pape Léon X; les chanoines représentèrent la renommée et les miracles du tombeau de SaintMartin depuis les origines de ;a monarchie; Cfovis avait déja éprouvé le danger d'en retirer les offrandes des fidéles; Charles VIII, après sa campagne d'Italie, avait dô renoncer au même projet; n'était-ce pas s'aliéner le patron même auquel étaient liées les destinées de la monarchie; libre au roi d'user de la force, mais le chapitre refusait son consentement. Henri YIII eôt fait un schisme; le roi de France négocia; les chanoines céderent moyennant remise a leur église, par lettres-patentes enregistrées dans les cours souveraines, de la ïente foncicre de la balustrade qui leur était enlevée. Ces faits et d'autres du même genre étaient des perturbations (1) Pour les details, lire le beau livre de M. Ehrenberg sur l'époque des Fugger.

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