ESSAIS SUR \.-A MOX~AIE, LE CRÉDIT ET LES BAXQL.ES 40 3 plétc par la forme essentiellement moderne du crédit public, l'emprunt forcé ou plus ou moins volontaire. Au surplus les formes successiYcs <lu crédit public ne s'éliminent pas nécessairement les unes les autres; plutôt elles se superposent; ainsi le trésor et les domaines de l'État continuent a subsister dans la plupart des pays les plus avancés; nous verrons même <lans la suite que le domaine collectif tend a se reconstituer. A la fin du quinzième sicclc, en Écosse, il y a encore dans le trésor royal, non pas des métaux prccicux monnayés, mais <les chaines en. or dont plusieurs valaient plus de quinze cents lines et dont on frappe de la monnaie <lans les besoins urgents; les princes continuent a amasser de la vaisselle d'or et d'argent, des bijoux, des pierres précieuses faciles i conYcrtir en monnaie ou à donner en gage. Cependant dès la fin du treizième siècle avait apparu à Bruges la lettre de change et on y faisait des opérations d'aliénations de rentes et d'emprunts publics. La formation d'un trésor, corollaire de la conception patrimoniale, est encore préconisée en Italie, dans la seconde moitié du quinzième siècle par Diomède Caraffa dans son De rege11/iset bo11pi ri11cipisofficiis; il s'y occupe des impàts et des emprunts, mais il continue à conseiller la conservation d'un trésor pour les dépenses extraordinaires; il condamne les emprunts forcés et non remboursés gu'il assimile aux confiscations en général; on ne doit recourir aux emprunts publics que dans les cas d'extrême nécessité, par exemple pour la défense du royaume. La formation d'un trésor est, vers la même épogue, vivement appuyée par un Belge, auteur probable de l'I11S!rnclio1d1'u11 jeune pri11ce, le célèbre voyageur Ghillebert de Lannoy. Au seizième siècle encore, Sabba de Castiglione, dans ses Ricordi, développa l'idée que la création d'un trésor permet de faire la guerre sans devoir recourir à des mesures arbitraires et violentes; de même Seipion Ammorato, dans ses DiscorsisopraCornelioTacito, conseille d'affecter à la cons.titution d'un trésor le produit des amende.;, des confiscations et des successions vacantes; Lelio Zccchi dans sa Politica partage les ~êmes opinions (1). Tout ceci indique fort bien le caractère historique, parfaitement organique, de la conception patrimoniale et de son corollaire, le trésor. En même temps se developpe celle de l'impàt et de son adjuvant, l'emprunt. Déjà Saint Bernardin, mort en 1444, admet la légitimité _des emprunts publics; le prêt est un devoir du citoyen vis-à-vis de l'Etat pour le service qui lui est rendu par ce dernier. Au quinzicme siècle, Matteo Palmieri, dans Della vita civile, proclame que le citoyen doit (1) E. Nys. Recbercbessur l'bistoire éco11omiq11e, 1898.
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