La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

ESSAIS SUR LA MONNAIE, LE CRÉDIT ET LES BA:-.:QUES 4or treizicme siècle. Les principaux marchés de l'Europe avaient complété leur organisation par la création de Bourses; celles-ci étaient deYenues un organe spécial supérieur, différencié du marche même par éYolution naturelle. Antioche depuis longtemps, Jès les Croisades, Gênes dès le treizième siècle, puis successivement Venise, Florence, Montpellier ont leurs Bourses ou loges des marchands; Barcelone a une lo11ja dès le quatorzième siècle; AnYers en r460; là se débattent les cours, se traitent les affaires, se règlent même les contestations; Bourses et tribunaux de commerce ont encore souvent aujourd'hui conservé le même local; à Londres, Lombard-Street deYient le lieu de réunion des marchands et des financiers; en r 535 une premicre tentative est faite de créer l'exchange, elle fut suivie des efforts continus de Th. Gresham, de 1561 à 1571, qui en amenèrent enfin la création, à r:eu près en même temps que de celles de Nuremberg et d'Augsbourg, au seizième siècle. L'institution même semble avoir reçu son nom définitif en Belgique de celui Jes propriétaires de l'édifice, les Yan der Beurs de Bruges. Là se forme une opinion publique en matière économique et mêh1e politique; la est pesé le crédit des princes et des États; ceux-ci auront à compter avec cette puissance nouvelle, représentée par les grands commerçants et les puissantes maisons de banque. En même temps, surtout à partir de la découverte du 1 ouveauMonde, la structure générale des États Ya se modifier et aYec elle leur activité économique et leurs procédés financiers. Même les modes de commerce international des cités italiennes apparaîtront bientôt comme surannés et insuffisants tels que celui de Venise oü le commerce international se faisait d'une façon périodique mais plus ou moins intermittente par des escadres données en location aux marchands par l'État et dont ce dernier se réser\'ait la direction. Pendant tout les quinzième, et seizième siècles encore, il y a de grandes maisons financières qui se linaient aux opérations de crédit public; comme l'a fort bien montré M. E. Nys, elles sont le patrimoine quasi-indivis de certaines familles qui, d'abord seulement commerçantes, se consacrèrent ensuite plus spécialement aux opérations monétaires et de crédit. En Italie, les Médicis, au quinzième siccle, ont succédé aux Peruzzi du quatorzième. Le gouvernement espagnol contracte continuellement des emprunts, notamment aYec les banquiers de Gênes. Les banquiers passaient des contrats, ascenios, moyennant la garantie des mines du Nouveau-Monde; de 1575 à 1650 le rnon'tant de ces ascentos fut au minimun:i de cinq millions de ducats par an et s'éleva jusqu'à dix millions; les guerres d'Italie, de France, des Pays- • Bas épuisaient le trésor; de leur côte les banqDiers intéressaient le public dans leurs opérations de crédit; nobles, prêtres, moines et

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