La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

ESSAIS SCR I.A ~10:\":\"AlE, LE CRÉDIT ET LES BAXQL"ES 399 commencèrent au 'treizième siccle. En 1262, les barons les pillent et en massacrent sept cents à Londres; en 1278, nouveau pillage et massacre de deux cent quatre-Yingts Juifs. Une grande rareté de monnaie en fut la conséquence; le taux de l'intcrèt monte à 50 et même à 70 °/o; en 1288, il est encore de 40 °/0 • Rien ne montre mieux la fonction sociale relatiYement et historiquement remplie par ces malheureux a l'époque médiévale. C'est après cette période et avant le Slalut de la Juiverie de 1290 par lequel les Juifs furent expulsés en masse du royaume, que les barons et le roi amassèrent les richesses qui leur permirent de construire leurs chàteaux. Déjà Henri II aY,lÎtexirré ::, une _tailledu quart de leurs biens; on installa même dans !'Échiquier un Echiquier spécial <lesJuifs, pour encaisser les tailles les concernant. Édouard I•r ne les expulsa du reste qu'après les avoir spoliés à peu près complètement; ce qui avait pu échapper aux agents royaux fut pris par la populace dans les ports où ils s'embarquèrent; six mille environ furent ainsi bannis du royaume. En théorie, c'était le droit absolu <lu souverain dont ils èt.1icnt, à la lettre, la propriété. C'est ainsi qu'en France le roi Jean les cmpri- ~onnc pour avoir leurs biens; peu n'eurent au moins un œil crcYè; l'un d'eux se laissa, dit-on, arracher une dent par jour, mais finit par donner dix mille marcs à la huitième. La torture et l'emprisonnement n'étaient que des moyens d'inquisition et de contrainte à l'appui du droit royal qui semblait légitime. llcnri Il I d'Angleterre donne en gage ses Juifs à son frère Richard pour un prêt de cinq mille marcs d'argent; quand les Juifs curent remboursé la dette du roi, celui-ci les donna de nouveau en gage a son frère Édouard. C'est seulement depuis Cromwell que les Juifs obtinrent le droit légal de se fixer en Angleterre. En france, quand le roi Jean fut fait prisonnier en r 356 et sa rançon fixée à trois mille couronnes d'or, le régent Charles eut beaucoup de peine à trouver le cinquième de cette somme, montant du premier Yersement. Il fut obligé d'accorder aux Juifs le droit de rentrer en France et d'y e:s..ercerle commerce; mais ce fut une concession royale imposée par la nécessité. Telle était la pénurie monétaire que le paiement de cette rançon raréfia la monnaie dans le pays et que le roi Charles se Yit obligé d'en créer une de cuir en grande quantité et qui eut une circulation considérable. Philippe I•r de 1060 à II08 le Doae Michieli en 1122, Frédéric fI en 1237, , ::, Édouard Longues .Mains et puis Édouard Jer lui-même, à la fin du treizième siècle, avaient émis une monnaie de cuir du même genre. C'était un vrai retour aux formes monetaires les plus anciennes des peuples chasseurs et aussi agriculteurs et cette monnaie de compte pouvait évidemment remplacer à l'intcrieur les bonnes monnaies métalliques insuffisantes ou chassées au dehors.

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