La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

ESSAIS SUR LA MONNAIE, LE CRÉDIT ET LES BA:-SQGES 397 seulement un patrimoine foncier un trésor le droit de seigneuriarre , , 0 et d'altération monétaires, toutes formes embryonnaires etsupplétives du crédit public, les Juifs aussi en font partie, les Juifs que les circonstances sociales ont investi pour leur malheur et le nôtre d'une façon plus spéciale de la redoutable fonction d'agents monétaires par excellence. Nous avons déjà vu comment l'Église catholique romaine avait tenté d'organiser la circulation monétaire et fiduciaire par l'intermédiaire d'institutions à la fois religieuses, militaires et financiéres. En France, en Angleterre, en Allemagne et ailleurs jusqu'en Orient, les Ordres des Templiers, des Hospitaliers, des moines-chevaliers teutoniques, etc., intervinrent dans les affaires financiéres des princes; même c'était la maison de !'Ordre des Templiers, à Londres, qui détenait et gérait le trésor de !'.État. En 12 32, le lord Grand Juge étant tombé dans la disgràce de Henri III, remit toute sa fortune a la Commanderie de Clarkenville; le roi voulut en savoir la nature et la Yaleur. Le Temple répondit que le dépôt était renfermé dans une cassette dont il ignorait le contenu, mais qu'il devait d'autant mieux respecter qu'on ne lui en avait pas demandé quittance. Le roi insista auprés du Maître provincial et du Trésorier qui refusérent de s'en dessaisir; il fallut l'autorisation du déposant. même pour les décider à remettre au roi la cassette avec la clef. D'ordinaire les paiements entre souverains s'effectuaient dans la maison de !'Ordre. Une convention conclue en 1269 entre Louis IX et le prince Édouard porte que le premier s'oblige à payer au second vingt-cinq mille livres tournois « et serunt payezas deniers cbescun an à Paris, au Temple». • Les frért;,s collecteurs chargés de recueillir les tributs des commanderies joignaient a leurs fonctions, en Espagne, en Angleterre, en Hongrie, les recettes de l'État. Partout ils recueillaient l'impôt appelé dixme de Saladin et toute somme destinée aux expéditions et aux établissements en Orient. Le Temple prêtait, même à découvert, quand la moralité du contractant lui paraissait un gage suffisant, parfois sur dépôt d'une banniére ou d'un objet d'affection. Sous la magistrature d'Everard, il acquitte la rançon de Louis VII et répare les pertes de son trésor en 1146. Le 1:emple avait fait de nombreux prêts à Philippe le Bel qui ne pouvait ni le rembourser ni .en obtenir de nouvelles sommes; de là le bûcher de 13 14. Au surplus, cette théocratie militaire et financiére portait ombrage aux princes et menaçait de se tourner contre eux au profit de la Papauté. Il fallait frapper celle-ci dans sa banque internationale; déjà

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