La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

ESSAIS SlJR LA MO:--:NAIE, LE CRl~DIT ET LES BANQUES 395 ESSAIS SUR LA MONNAIE LE CRÉDIT ET LES BANQUES (Suite) On fixe a 1295 les premières altérations monétaires, sous Philippe le Bel; elles continucrent sans interruption jusqu'en r 314. Par son ordre, la vaisselle d'or et d'argent dut être portée a !'Hôtel des Monnaies, à un prix inférieur au poids ou en titre à l'ancienne, pour y être frappée. Son conseiller italien, Musciato Guidi, condamnait cependant lui-même ces altérations monétaires, plus ruineuses pour le pays que la guerre et profitables surtout aux fermiers généraux. En r 302, sur les conseils d'un autre Italien, Sicati, Philippe le Bel affaiblit d'un tiers le titre et le poids de la monnaie courante; il y eut une sédition a Paris. Déjà, en 1296, le pape Boniface \'III lui reprochait de faire tort aux sujets et aux étrangers par ces opérations frauduleuses. Philippe de Valois, monté sur le trône en r 328, ordonne à ses officiers des Monnaies de fabriquer des blancs à quatre deniers douze grains de loi, ajoutant : « Tcnc:t la chose secrète, et si aulcuns demandent à combien les blancs sont de loy, feignens qu'ils sont à six deniers. » A la fin de son règne, il essaya encore d'établir des cours factices de l'or et de l'argent par l'intermédiaire des changeurs « c_ommis et ordonnez à cc faire ». Au milieu du quatorzième siècle, sous Jean Ier, le taux des monnaies est remanié plusieurs fois par an; d'après un document officiel de 1361, le changement était quelquefois si soudain qu' « à grand'peine estoit homme qui en juste payement des monnoyes de jour en jour se pùt connaître» (r). Le trouble profond du système monétaire résultant de l'infinie Yariété des monnaies françaises et étrangères et de la pratique des (1) E. Nys, Recbercbessur l'bistoirc éco110111iq11e.

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