39+ LA REVUE SOCIALISTE minantcs de la conduite des individus et des peuples: c'est qu'elles ont trouvé ces raisons ailleurs, exprimées en termes plus aisément intelligibles : la puissance des milieux est chose plus claire que la puissance des races. Les influences ancestrales peuvent bien munir les individus d'aptitudes générales, plus ou moins indéterminées: mais ce qui fait passer ces aptitudes à l'acte, ce qui décide de leur orientation, cc qui fixe le moment, le degré, le sens de leur épanouissement, c'est le milieu, c'est la société, c'est la vie. Si c'est la nature qui plante, c'est la société qui greffe; et ce sont les qualités de la greffe bien plutôt que celles du plant que vous reconnaîtrez dans la fleur. Quand il s'agit d'êtres aussi complexes que les hommes, et de qualités aussi instables que les qualités mentales, varier les milieux, la situation, la culture, c'est Yaricr les produits. Voila cc que l'histoire prouve contre les prétentions matérialistes. Et Yoila pourquoi une philosophie toute matérialiste comme la philosophie des races paraît, dès a présent, condamnée sans appel. Si nous croyons pouvoir dire que l'arrêt de deYcloppcment qu'elle a subi est définitif, et qu'elle ne progressera plus, c'est qu'en face d'elle ce n'est plus le Yide que nous apercevons : ce qu'elle ne parvenait pas à expliquer, d'autres l'expliquent; d'autres nous apportent des raisons inductives et déductives la où clic ne nous offrait que du mystère; les transformations mentales dont des phénomcncs tout biologiques ne pouvaient rendre compte s'éclairent de jour en jour par l'étude des phénomènes sociologiques. Les récents progrès des sciences sociales sont autant d'empiétements sur les provinces de la philosophie des races; elle est réduite a la portion congrue, elle meurt d'inanition. Nos « nationalistes >> vivent sur un cadavre. C. BouGLÉ.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==