LA BANQUEROUTE DE LA PHILOSOPHIE DES RACES 393 biologie, clic perde chaque jour du terrain. Longtemps les sciences naturelles ont Yécu sur ce postulat, que les qualités acquises au cours de sa vie par un indiYidu s'enregistraient naturellement dans son organisme, et, par cet intermédiaire, se transmettaient quasi mécaniquement à sa descendance : tout << l'acquis » des parents constituait « l'inné i) des enfants. Mais, après des obserYations plus nombreuses et plus précises, cette toute-puissance <le l'hérèdité s'est trouYéc mise en question; pour expliquer les qualités d'un individu, on s'est demandé s'il ne fallait pas tenir compte surtout de la « Yariation indiYiducllc >), et de la différence des milieux clans lesquels se développent les germes divers qu'elle produit; le rayon des « causes actuelles il, des influ<.:nces « mésologiques ii, a grandi aux dépens du rayon des« causes passées ii, des influences << ataviques )) ; et il s'est trouvé un biologiste pour demander qu'on lui montrùt une qualité acquise qui fùt, à n'en p:is douter, transmise héréditairement. C'est l'opinion d<.:\\'eismann. Qu'elle soit excessive, et qu'elle rétrécisse abusi,·emcnt un empire qu'on avait abusi vcment clargi, c'est possible; et nous laissons les << néo-lamarckiens il en discuter avec les « néo-darwinistes)), Nous retenons seulement cc qui n:sultc clairement de toutes ces discussions; à savoir que rien n'est moins sûr que la transmission héréditaire, p:ir voie physiologique, des qualités psychologiques, des idées, des sentiments, des façons de penser et de vouloir dont la parente est nécessaire pour la constitution d'une unité sociale. Si, lorsqu'il s'agit de modifications physiologiques, la transmission héréditaire en est déjà problématique, que sera-cc s'il s'agit de modifications mentales, choses singulièrement plus complexes, instables et fugitives! C'est ici surtout que les effets lointains des causes passées apparaitront comme étouffés par . les effets incessamment renouvelés des causes actuelles. L'éducation, l'exemple, la situation, domineront l'hérédité; sur l'influence des morts l'emporteront, enfin, toutes les influences de la Yic. Mieux ces influences seront connues, plus la science en sera a\'ancée, - et plus aussi il deYicndra manifeste que la philosophie des races est une hypothèse inutile. * * * En un mot, que nous considérions les récents progrès de l'anthropologie, ou de la· psycho-physique, ou de la biologie même, nous sommes conduits à la même conclusion : aucune d'elles ne nous livre ces theses <Yénérales,ces lois unissant telle façon de penser à telle b forme anatomique, sans lesquelles pourtant la philosophie des races n'offre aucun aliment à notre faim d'explications. Il semble au contraire que les sciences aient renoncé à chercher de cc côté les raisons déter-
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