La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LA BA\"QUEROUTE DE LA PHILOSOPHIE DES RACES 39 I constructions ;\ terre. Ne pouvant Yérifier ses affirmations ni justifier ses prétentions, les savants l'ont rcléaut'.:e enfin au o-renier des theories 0 t> avortées. .. * * Conclusion hâtive, dira-t-on peut-être. La philosophie des races pourrait en appeler à la science mieux informée. Il est toujours imprudent de limiter a priori la connaissance humaine et de lui dire : « Tu n'iras pas plus loin. » Combien de fois, d'un clan irrésistible, les vagues n'ont-elles pas bondi par dessus la borne prescrite! Qui sait donc si, demain, quelque découverte inattendue ne va pas fournir à la philosophie des races ces lois générales qui suivant vous lui font défaut? C'est peu probable. Si, pour marquer le sens de leurs progrés, nous releYons le point où arrivent aujourd'hui les sciences naturelles, les sciences psychiques, les sciences sociales, nous constatons que, bien loin de s'enfoncer dans la Yoic où les appelait la philosophie des races, clics semblent au contraire s'en écarter de jour en jour. Une science a essayé de se constituer, qui aurait pu procurer à nos historiens anthropologistes l'aliment scientifique nécessaire à leurs théories : c'est la phrénologie. C'était son ambition de prouYcr qu'à certaines formes, à certains bossèlements du crâne correspondent certaines facultés, - et non pas seulement des aptitudes rclati\·emcnt indctcrminécs, comme l'aptitude aux mathématiques, mais des tendances précises, comme la tendance au YOL « Localiser )) ainsi les facteurs de la "ie intellectuelle et morale, les relier à des points précis, à des dispositions spécifiées de la maticrc cérébrale, c'cùt été, sans aucun doute, commencer à remplir les vœux de la philosophie des races. Quelle joie pour Drumont si, en maniant le cdnc ·de Rcinach, il pouvait démontrer, les lincs de Gall en main, que Reinach, comme tous ses congénércs, a la bosse du mensonge et du faux! Malheureusement, la scicn..:e paraît avoir définitiYcmcnt « lâché )) Gall. La doctrine des suppléances semble chaque jour faire des progrès, aux dépens de la doctrine des localisations cércbralcs. On s'aperçoit en tous cas que c'est chimére de vouloir expliquer des actes sociologiquement· définis, comme le Yol, par les seules influences physiologiques. - Et sans doute il s'est rencontré un homme pour essayer de restaurer, sur nouveaux faits et à grand fracas, l'ancienne phrénologie. Lombroso prétendit être capable de dénoncer non pas seulement la « bosse)>, mais le nez, l'œil, le pouce du crime. Les criminels auraient constitu~ suivant lui comme une race spéciale; les

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