La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LA RE\'Ct SOCIALISTE du professeur de géographie coloniale :', !:: F.1culté <les Lettres. C'est pourtant la seule solution susceptible de mettre un terme aux conflits que menace de déchainer sur l'Europe la nécessité d'exporter au dehors les 111.1rchandisesqui ne trouvent pas preneur au deJans ... Si l'Europe (tout au moins les natious qui tiennent la tête de l:t civilisation: l'Angleterre, l'Allemagne, la France, la Belgique, la Suisse, les Pays-Bas), et :i leur tour les Etats-Cnis, supprimaient h prélibation capitaliste en YCrtu de laquelle une masse de produits non consommés par les producteurs doivent chercher un débouché indispens,1blc à la prospérité des capitalistes dont ils constituent le profit, le problc::me de la concurrence international<:: et de la mise en valeur ,ks richesses inexploitées dans les pays qui ne sont pas encore entrés d.1ns le cycle de la ciYilisation occidentale ne serait-il p.ts bien près d'être résolu? Economie politique et scientifique. Définitions et méthodes, par C11. AtlE:SDT (r vol. in-8. Larose). - Je ne m'explique pas très bien le but poursuivi p.ir l'auteur de ces brhcs indications sur quelques-unes des dêlinitions en usage d.111sl'économie politique. M. Arendt, en effet, semble tout d'abord conqincu de la nécessité de déb!.,yer l'économie politique d'une foule de définitions et de rem.irques qui n'ont rien de scientifique :i ses yeux, parce qu'elles se réfèrent plutôt aux applications pratiques qu'à des const.ltations scientifiques pures; en un mot, scion lui, l'économie politique, en tant que science, doit éviter de se servir de tout terme ou de toute définition pratique. C'est fort bien, et sur ces prcmisses on s'attend à une analyse serrce des phénomènes économiques que dcfinissent des termes trop souvent impropres .... Or, c'est ici que le lecteur est déçu : les consiJfrations sur quelques-unes des définitions courantes de l'économie sont vagues et d'une imprécision déconcertante. Pour la méthode - et même les méthodes - dont il est question sur h co;,verture, on n'en trouve trace nulle part. Quelques remarques seulement sur Je luxe et la déperdition résultant des consommations improductivc.:s méritent de retenir l'attention. Encore le langage de l'auteur est-il loin de présenter une forme suffisamment précise pour justifier son titre. La participation aux ~énéfices, par b11LE \VAXWÈtLt:.R(r vol. in-8. Arthur Rousseau). - Ce volume fait partie de la Bibliothcque du r-Iuséc social. Il a obtenu le premier prix à un concours institue sur cet objet par cette fondation. Il contient une énumération très complète des divers systèmes de participation imaginés par le patronat des Deux Mondes pour intéresser leurs salariés à l'œuvre générale de la production. li est bien diflîcile de démêler le côté juridique que M. \Vaxweiler s'efforce de dégager des contrats intervenus ou, plus exactement, des pratiques suivies dans les entreprises où la participation est employée. Le terme de contrat implique, en effd, une obligation bi-latéralc qui fait défaut dans la participation, puisque en apparence, l'obligation ne lie que le patron, conces~ sionnaire à son gré des .1vantages octroyés par fa,·euritses ouvriers. D'autre part, les patrons pcuYent toujours, juridiquement, se soustraire aux clauses du contrat et revenir sur la concession faite. Ce n'est pas ici le lieu de discuter les avantages ou les inconvénients du systcme. !11.\\'axweilcr, naturellement, est porté à ne voir que les avantages - et ils sont nombreux, puis qu'ils fournissent it l'entrepreneur contre les aléas de grève et de dissension, le maximum de garantie. En outre la participation assure à rentrepreneur une main-d'œuvre plus zél<ée, dont l'activité est stimulce p.ir l'appât du supplément de salaires devant résulter de la surproJuctivité de l'ouvrier ou employé participant. Mais en quoi le système assurc-t-il la pacification sociale que d'aucuns lui attribuent, puisque M. \\'axweilcr est obligé de reconnaître que la participation ne peut étre pratiquée que par une minoritc J'entreprises soumises à des conditions 1;aniculières de débouché et de concurrence ? - Quoi qu'il en soit, le lecteur trouvera la un tableau à peu près compl~t de ce qui a étc tenté dans ce sens et c'est à cc titre que nous signalons ce volume a l'attention de nos lecteurs. La réglementation du travail des femmes dans l'industrie, par CLAUDE \VEYL (r yoJ. in-8, Larose). - Consciencieuse étude de la loi du 2 novembre 1892 sur le travail des femmes ainsi que des efforts prccédemment faits pour la protection de cette catégorie de travailleurs. Cette brochure de 140 pages tient plus que ne laisse espérer son format, car :'Il. Weyl a su, en des analyses d'une netteté parfaite, résumant tous les dcbats parfois si confus qui ont précédé l'adoption de la loi, dcgager clairement l'esprit véritable de ses articles. Le résumé des conJitions dans lesquelles la loi a été mise en vigueur et appliquée depuis 1892 n'est pas moins remarquable. M. \1/eyl a dépouillé les comptes rendus de l'inspection avec un soin minutieux et tracé, avec les constatations recueillies, un tableau exact de la façon dont la loi est appliqucc ; - je denais dire plutôt violée, car magistrats de l'ordre judiciaire et de l'ordre administratif se refusent purement et simplement à scvir contre les délinquants. A noter, parmi les décisions cavalières de l'autorité judiciaire : Un proci:s-verbal dressé le 4 juillet est classé sans suite a la date du 28 juin: un procès-verbal dressé le 27 juin

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