La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

l\'OTICES BIBLIOGRAPHIQCES NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Les Israélites et le Judaïsme en Occident, parGur-VALVOR, brocl1.in-18. Bouillant. - Esquisse tres intéressante de la condition des Juifs depuis leur dispersion jusqu'il la Révolution. Ce travail considérable, sous son format modeste, eût gagné à être élagué, à présenter moins de menus faits et plus de précision sur l'évolution économique de la population proscrite et les modifications successiYes que les persécutions pro,·oquerent dans le dogme. L'auteur ne se demande méme pas si les Jui:"s d'Occident appartiennent véritablemem à la race juive proprement dite. Or, là-dessus. les témoignages de Renan et d'Elisée Reclus sont de quelque valeur et méritent tout au moins qu'on dise les raiso,1s sur lesquelles on se fonde pour considérer les Juifs d'Europe comme des descendants directs des habitants de la Palqstine. Je sais bien que les Juifs l'admetltent. La religion mosaïste est essentiellement une religion nationale. Mais il n'en fut pas toujours de même, puisque le christianisme est sorti du tronc juif. Particulicrement le christianisme occidental fut l'œuvre des Juifs. Giovanni Lerda, dans un traYail récent sur le développemem du christianisme, a montré comment les conditions économiques du monde romain occidental se prêtaient, mieux que celles du monde romain oriental, il la propagande jui,·e. Dans le mélange inextricable des populations auquel donnèrent lieu le prosélytisme juif d'abord, ensuite hl lutte entre chrétiens et Juifs pour l'hégémonie da dogme, comment se maintint la pureté de la race juive ? Autant de points inexpliqués qui mériteraient d'être éclaircis. La formation d'une race historiq_ue, d'une nation juive au sein des peuples d'Occident se comprend for~ bien par l'exclusion politique et religieuse à laquelle le Juif fut condamné. Quelques générations d'exclusion ont suffi pour fixer le type, qui n ·est d'ailleur~ pas le même partout, quoi q>1'on en dise. Mais on ne saurait discuter un aussi grave problème dans une simple notice, et j'ai hâte de dire que ces réserves faites, l'étude de l\•I. Guy-Valvor, encore qu'un peu touffue, it raison de la multitude de faits que !'.tuteur a voulu exposer en une centaine de pages, est du plus haut intérêt. Et ce n"est pas moi qui devrais me plaindre de l'abondance des détails, parc~ qu'ils sont presque tous fort utiles à consulter. Europe et États-Unis d'Amérique, par EDM0:-1D T111:1<1" (1 YOI. in-18, Flammarion). - Sous ce titre, lvl. Théry publie une série d'tt11,ies fortement documentées sur les progrès extraordinaires accomplis par les Etats-Unis au cours de ces trente dernieres années. L:1comparaison du développement économique de l'Ancien Monde avec celui du Nouveau est infinimcnt favorable à ce dernier. Cc développement renverse l'équilibre politique et économique de l'Europe dom les conditions de vie sont par la complètement transformées. L'Amérique du Nord, e" effet, après avoir été le réceptacle et l'asile largement ouvert :1ux activités des populations économiquement il l'étroit dê ce côté de l'Atlantique, se forme de plus en plus aux hommes et aux produits européens. Mieux encore. les progres réalisés dans sa production me,ùcent de le faire déborder hors de son foyer naturel d'action et de rayonnement, et un gra,·c poin~ d'interrogation est posé devant l'Europe par la perspective d'une nécessité éventuelle de lutte, économique d'abord, politique ensuite, entre l'Ancien et le Nouveau Monde. On se dispute aujourd'hui les marchés de l'Amérique centr,tle et méridionale; mais les Etats-Unis progressent avec une rapidité effrayante; ils sont déjà aux Philippines, hors de leur hémisphère, et quelques mois ont sufli pour leur permettre de franchir cette étape. Où serontils demain et de quel côté se tourneront leurs visées? Sur l'Asie d'Extréme-Orient, évidemment, où les nations européennes sont peut-être à la veille d'en venir aux mains, autour des déµouilles du Fils du Ciel. Qu'adviendra-t-il de l'entrée en lice de cc troisième larron ? M. Marcel Dubois, dans une préface, s'interroge sur ces divers points et ne trouve aucune réponse satisfaisante. Si les peuples d'Europe procédaient d'ici Et, av,mt qu'éclate le conflit, à un rem:111iement des conditions économiques locales, qui permettr.tient :, chaque nation de produire pour son marché imérieur et de trouver au sein mème de ses classes productrices un débouché indéfini à la masse des produits fabriqués? C'est la seule question qui ne vienne pas it l'idée

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