REYCE DES Ll\'RES 373 répercutent de façons les plus diverses sur l'intelligence et constituent des faibless~s, des lacunes mème dans les intelligences !es plus grandes et les plus puissantes? Que de souffrances irrémédiables, que de malheurs privés et publics, pourraient ètre évités si, comme le demande l'auteur, l'éducntioudes seuti111e11ts retrouvait sa juste place dans l'éducation génér.ilc qui deviendrait ainsi en même temps plus intégrale, plus harmonique et plus sociale! 1 e !'oublions pas, en effet, si nous vivons :'t une époque si agitée, si tourmentée par l' (< arrivisme », c'e~t beaucoup parce que notre ~ducation est faussement orientée, parce qu'elle néglige trop le côté (< sentiment », c'est it dire le côté social. Notre sociabilité, en effet, a bien plus de chance de se dé\·elopper par la culture des sentiments, par l'habitude donnée aux enfants de compter les • uns avec les autres, de réprimer leurs colères, leurs peurs et leurs répulsions, de s'aider les uns les autres au lieu de s'entredéchirer, d'apprendre i1 goùter les bienfaits de l'amitié et de détester le mensonge et la rapine, de sentir, en un mot, que le meilleur et le plus agréable moyen de vi\-re, c'est de vivre en bonne intelligence avec les autres au lieu de vivre à l'écart ou :\ l'état de guerre. li est certain qu'il y a là l'indication d'une réaction utile à introduire dans nos méthodes pédagogiques, mais nous croyons que, pour obtenir le résultat cherché, il est indispensable de commencer par bien pénétrer l'esprit des pédagogues des lois de la 1•ieet de la sauté physique, i11trllcc/11clle, 111oraleet socialf, sans quoi nous en resterons à un simple verbiage. La meilleure définition de l'homme est peut-ètre la simple boutade du philo~ophc qui a déclaré que « l'homme n'est qu'un faisceau d'habitudes ». L'étude de l'homme, quel qu'il soit, amène toujours à reconnaître dans ses actes comme dans ses pensées, l'influence d'habitudes contractées antérieurement. La (( bonne éducation » ne consiste+elle pas à faire prendre à l'enfant l'habitude d'avoir de <( bonnes manières » ? L'éducation morale ne vise-t-elle pas à faire contracter l'habitude de (< faire le bien et d'éviter le mal » ? L'instruction, sans doute, se propose de meubler l'esprit de connaissances diverses, mais ne remplit-elle pas son but très imparfaitement et surtout très inutilement si elle n'arrive à faire prendre à l'intelligence l'habitude de bien observer, de bien raisonner et de se servir à propos des connaissances acquises? Ce qu'il ne faut jamais oublier, c'est que l'habitude se forme et s'acquiert par la répétition, laquelle entraîne une adaptation, une sorte d'organisation du mécanisme et en permet la reproduction sans effort et sans fatigue, à la façon des réflexes organiques. Cette notion doit être Je principe, la base, le flambeau directeur pe toute éducation, de tout enseignement comme de tout gouvernement de l'être humain. Là est l'avenir, là est le progrès, car là est le moyen de faire prendre à l'homme, dès sa jeunesse, de bonnes habitudes de sentiments, .c'est à dire de dresser son système nerveux, d'habituer sa sensibilité à fonctionner normalement, socialement. Tant il est vrai que la loi de la vie sociale c'est la sociabilité, la moralité. Dr JULIEN PIOGER. La Caserne, par Albert LANTOINE.(Bibliothèque de la Plume). - C'est le volumineux et très précis proccs-verbal des souffrances endurées à la caserne par l'artilleur Lagrue, un pauvre pataud, lourd d'esprit et de corps. Je
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