La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE pàturer leurs bestiaux, moyennant une rede\'ance en avoine. Enfin, elle fournissait au domaine ducal d'énormes quantités de bois et de charbons. Lors de la conquête de la Belgique par les Français, la forêt de Soignes et ses viviers, ses châteaux, ses monastères, Gwenendall, AYoyc-Cloître, le Val Duchesse, le prieuré des Sept-Fontaines, devinrent des biens nationaux. • Malheureusement, ce ne fut pas pour la garder, dans l'intérèt de tous, mais pour la mettre au pillage. La forêt fut négligée, ravagée, et -plus tard livrée, par ordre de Napolfon, à des coupes dévastatrices : 22,000 chênes y furent inutilement abattus, pour la construction de la flottille de Boulogne. Sous le régime hollandais, cc fut bien pis encore. La forêt de Soignes, tout entière, et presque toutes les forêts du royaume, passèrent dans le domaine privé! S'il faut en croire Dumortier - d'ailleurs suspect d'exagération patriotique - on abîma pour plus de 150 millions de biens domaniaux en Belgique, de 1815 à 1830. Les uns achetèrent a Yil prix, d'autres se firent doter « pou~ la part louable qu'ils avaient prise a l'immortelle bataille de ·waterloo ». ·wellington eut le bois de Nivelles, plus de onze cents bonniers, plantés de chênes, qu'il fit entièrement défricher. Le prince d'Orange, outre sa dotation annuelle de 200,000 florins et un palais a Bruxelles, se fit donner le beau parc de TerYueren, avec un paYillon de chasse, construit aux frais du Trésor. Son cadet Frédéric, qui, légalement, n'avait droit a rien du tout, obtint néanmoins une dot en fonds domaniaux. Enfin, le roi Guillaume, arrivé chez nous, l'escarcelle Yide, ayant vécu pendant son émigration des secours de l'Angleterre et des dettes qu'il y av,!.Ïtcontractées, trouve le moyen de se refaire, en agissant à l'égard des Pays-Bas, à peu prcs comme Léopold II, quand il s'attribua le domaine privé du Congo. Il parvint, en effet, à se faire donner, comme biens patrimoniaux, exploitables et aliénables à son profit, les plus belles forèts domaniales, et notamment la forêt de Soignes, plus de onze mille bonniers de haute futaie. Cette opération - que vingt ans plus tard on qualifiait de vol, à la Chambre des Représentants de Belgique - avait été préparée de longue main. Les articles 30 et 3 I de la loi fondamentale - imposée à nos provinces, malgré le refus positif de l'assemblée des notables-accordaient au souverain le droit de se faire attribuer des biens domaniaux, produisant un revenu de 500,000 florins, à déduire du montant de sa liste civile:

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