LA REVUE SOCIALISTE assaillant, en tenant liées à lui les classes sociales les plus rapprochées de lui, en travaillant en leur faveur, en satisfaisant aux plus urgents de leurs besoins, en ouvrant une large voie aux courants naturels de l'économie agricole. Les types de conservateurs et de progressistes de cette sorte ne manquent pas en Italie. lis sont pourtant en petit nombre. L'immense majorité, à la grande actiYité du parti conservateur belge donne pour pendant, disons-le franchement, l'exemple de la plus grande inertie. Sans doute, quand presse d'a,·antage l'urgence de conquérir les bonnes grâces de la population agricole - surtout pendant les périodes électorales - le parti libéral fait, par l'initiative de tel ou tel homme politique, décréter de grandes œuvres agricoles longuement désirées. Mais il s'agit de concessions pour ainsi dire inorganiques et convulsives; ce n'est pas l'action dirigée vers un but politique et économique de parti que nous voudrions. Et pourtant la marée croissante des partis extrêmes, en certaines zones agricoles de l'Italie septentrionale et centrale (Emilia, Lombardie, Toscane) est un stimulant suffisant, un éperon à la constance de l'énergie pour le parti libéral italien. Malgré cela, à de graves troubles même, tels que ceux de 1894 en Sicile et de 1898 dans toute l'Italie et surtout à Milan, ce parti n'a su opposer qu'une répression politique, aveugle, instinctive. I I 1 LE PARTI RADICAL Le parti radical comprend le groupe !égalitaire (son chef était naguère Cavallotti, aujourd'hui c'est Sacchi) et le groupe républicain. Legal itaires et républicains s'identifient économiquement. Ils divergent politiquement : les premiers sont républicains transigeants, les seconds, républi'cains intransigeants. L'extrême gauche parlementaire, constituée depuis peu de temps, se compose de !égalitaires et de républicains ( et tout récemment de socialistes aussi) ne figure point au gouvernement. En tant que son œuvre r.;préscnte un éperon assez Yif vers des fins raisonnces de politique générale et de législation fa\'Orablc à la petite bourgeoisie, par une condition des choses supérieure à sa vol on te gcnéreuse et à sa ténacité, elle ne peut se vanter de résultats sensibles. En Italie, la vie politique est dominée par des tendances si rigou-
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