La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LES PARTIS. POLITIQL:ES ET L'AGRICULTURE E~ ITALIE J25 reusement conserYatriccs que non seulement un gouYernement radical y fut toujours impossible, mais même un gouyernement chctivcment progressif. Le gouvernement qui ne s'accommoda pas de Cavallotti, radical, ne se fia pas davantage à Zanardelli, progressiste. Les republicains ont indéniablement raison en ceci : la forme républicaine rompait la coalition si inexorablement conservatrice qui commande l'Italie. En Italie ni Brisson ni Bourgeois ne pourraient être au pouYoir. Le parti radical italien, représentant naturel de la petite bourgeoisie, devant la resistance qu'il rencontrait au Parlement, n'a\'ait autre chose à faire que de se retourner dans le pays vers la conscience populaire, de se plonger dans le courant m:i.tériel de la Yieeconomique, de stimuler, d'éclairer, de r:i.ssembler les energies individuelles, et de s'en faire un levier pour mettre de force le gouvernement sur l:i. voie des réformes radicales. Mais le parti radical, suivant aussi lui-même le concept du parti libéral, travaille au P:i.rlement plus que dans le pays, plus dans l'enceinte des législateurs qu'au milieu de la petite bourgeoisie. li se fait illusion en pensant que le bien peut tomber d'en haut sans une préparation antérieure à la base. Le groupe radical, compose en géneral de personnalitcs triées sur Je volet, a un défaut d'origine : ses racines sont trop antiques. Il est l'écho loint:i.in des revendications de la Rcvolution française. Il vit des repousses qui jaillissent encore de lavieil le souche d'un arbre né bien avant la grandiose conception du matérialisme historique. Ses représentants sont cffccti\'cmcnt imbus de doctrines antericures à cette dernière. Pour ces raisons, le parti ne peut percevoir avec luciditc la vie économique qui bout et fermente sous les manifestations politiques. Aussi représcnte-t-il plutot un flot sentimental de générosité politique que la précise, rigoureuse affirmation d'un groupe délimité d'intérêts économiques. Le parti radical italien, un peu après ce milieu de siecle, suivant la formule de Mazzini, fit surgir de nombreuses sociétés ouvriercs de secours mutuel et, « après aYoir subi un processus de précoce involution », soutient çà et la des coopératives de consommation et de production parmi les paysans. Cc qui lui manque c'est une action organique de renaissance agricole. Le député Guerci est le seul de ce groupe qui ait compris une telle mission - dans sa province de Parme. Malgré son œuvre enthousiaste en faveur de la petite propriété, il ne croit pourtant plus au vieux rêve du parti radical : le morcellement progressif des grands domaines jusqu'à la complète généralisation de la petite propriété. La

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