LES PARTIS POLITIQUES ET L'AGRICULTURE EN JTALIE 323 Ce qui manque donc en Italie, c'est une œuvre de diffusion du réveil agricole, lancée par le parti libéral. En effet, le réveil agricole initial de quelques provinces en petit nombre, lancé par les direçteurs << de la chaire ambulante ))' aidé par quelques volontaires et par quelques fondations locales ( caisses d'épargne, administrations provinciales) et la présence de quelques hommes politiques libéraux a la tête d'enquêtes agraires et de concours agricoles, ne signifie pa3 certes qu'il y ait une véritable expansion, une poussce précise du parti libéral italien vers un traYail fécond de rheil agraire. Presque rien, en Italie, de l'expansion et du nillant mouvement coopératif agraire inaugur~, il y a quelques années, en Belgique, par le parti conservateur qui met en vedette : associations pour l'acquisition de matériel, de machines, de semences, d'aliments pour les animaux, sociétés d'assurance mutuelle pour les bestiaux, caisses agricoles de crédit, distilleries coopératives, syndicats pour les betteraveries, sucreries sociales, sociétés d'élevage, lois d'agriculture et d'apiculture, et surtout laiteries sociales. Les laiteries sociales se sont tellement répandues et développées qu'elles se sont déjà réunies en congres : à noter celui du I 7 octobre I 897, ou furent posées les bases « pour donner à l'industrie laitière tout le déYeloppement dont il est capable )). La sucrerie coopérative d'Anvers, par exemple, est constituée par 450 cultivateurs de betteraYes qui, réunis tout d'abord en syndicat, entrcrent ensuite en lutte avec les monopoleurs de betteraves et, se voyant boycottés, au lieu de céder sur les prix, dccidèrcnt de fabriquer le sucre par eux-mêmes (1). En face de ce développement puissant du parti socialiste, le parti conserYateur belge a senti le besoin de se faire une base solide et brge parmi les populations campagnardes, .en le liant à lui dans un mouvement laborieux et actif de renaissance agraire. Et il convient de le dire - guidé d'ailleurs par ses propres intérêts - il remplit des fonctions sociales indéniablement utiles, en accomplissant sa fonction propre de la meilleure façon possible. Ce faisant, il ne remplit pas seulement l'office de « digue conservatrice )) chargée d'empêcher les chavirements du vaisseau social, si l'on peut dire, de le protéger contre les flots grondants du mécontentement populaire, dans l'impétuosité de tant de désirs insatisfaits. Non, ce n'est pas seulement un service àe défense aveugle, de simple répression politiqu·e d'une classe au pouvoir contre la cohorte serrée de classes plus misérables réclamant leur part de pouYoir et de justice. Mais c'est plutôt un instinct éclairé de défense avec lequel la haute bourgeoisie belge marque le pas (marchons au pas) au prol~tariat (i) Destrée et Vandervelde. Le Socialisme e11 Belgique, Paris, Giard et Brière, 1898.
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