3r2 LA REVCE SOCIALISTE et nous soit garanti par la force; que chacun de nous soit dès le bas-âge jusqu'a la vieillesse, tour a tour victime et bourreau, il faut inspirer a tous que la violence est non seulement l'action la plus avilissante, mais celle qui nous prive de la faculté d'être heureux; que les vraies joies de la vie sont celles qui n'ont pas besoin d'être garanties par la force, que la plus grande considération appartient non pas a celui qui accumule des richesses pour lui-même au détriment des autres et a le plus de serYiteurs, mais à celui qui sert le plus les autres et qui donne le plus aux autres. Au lieu de ces haines nationales qu'on nous inspire sous le titre de «patriotisme», au lieu de cette gloire attachée au meurtre qu'on nomme la guerre, il faut que l'on enseigne à tous l'horreur et le mèpris de ces choses néfastes qui servent à diYiser les hommes. Quand on pense au sort de l'humanité, n'est-on pas saisi d'épouvante a l'idée des souffrances et des maux infligés aux hommes par les codes criminels,-fléau pour ceux qui condamnent comme pour ceux qui sont condamnés. Il n'y a pas un seul homme de cœur qui n'ait éprouvé une impression d'horreur et de répulsion, non seulement à la vue des êtres humains suppliciés par leurs semblables, mais au simple récit de la guillotine, du knout, ou du gibet. Notre cœur d_it haut et clair: point d'exécutions; la science dit: point d'exécutions, le mal ne peut pas faire cesser le mal, - et on continue à considérer les tribunaux comme une institution chn'.:tienne et les juges comme chrétiens. Il est rare de trouver aujourd'hui un homme qui croit que toutes les violences qui se commettent, impôts, serYage, prison, dcportation, guerre, etc ... , défendent qui que ce soit contre le mal, et qui ne voit pas que la plupart des violences auxquelles il participe sont en elles-:nêmes une grande et inutile cafamité. Que faire ? On ne peut pas prouver que la destruction de l'organisation actuelle amènerait un chaos social et le retour de l'humanité à la barbarie. On ne peut pa~ prouver non plus que les hommes sont déjà devenus assez sages et assez bons, qu'ils préfèrent les relations pacifiques i la haine. On ne peut prouver par un raisonnement abstrait ni l'une ni l'autre de ces thèses. La question de savoir si le temps de renversement de l'État est arrivé ou non serait insoluble, s'il n'existait pas un autre moyen de la résoudre avec certitude. Il n'y a qu'un moyen d'arrêter le mal: c'est de rendre le bien pour le mal à cbac111ts,ans acceptio11de perso1111es. La question de la résistance ou de la non-résistance au mal est née lorsque s'est produite la première lutte entre les hommes, car toute lutte n'est autre chose que l'opposition par la violence à cc que chaque
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