La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE m.1is à quelques uns, si les grèYcs des 011Yricrs sont n'.:primécs et celles des capiL1listcs protégèes, si certains hommes ont le privilegc Je faire <les lüis auxquelles tous les autres doi\'cnt se soumettre et de disposer ainsi des biens et de la \'ic <le chacun, - tout cela a lieu non parce que le peuple k Ycut, mais bien p.ircc que les gouYerncments et les classes dirigcantcs le ,·culent ainsi pour leur profit et l'imposent au moyen d'une ,·iolcncc matericlle. On n'a qu'à étudier le mécanisme compliqué de nos institutions basé sur 1:1 coercition, pour se conYaincre à quel point la coercition ou la Yiolcncc est contraire à la nature humaine. Pas un juge ne se décidera à pendre de sa main celui qu'il a condamne scion l'article du code. Pas un employé ne se decidera :i enlcYcr un \'illagcois .i sa famille eploréc pour le jeter en prison. Pas un general, pas un soldat, s'il n'est pas encore façonne par la discipline, le serment et la guerre, non seulement ne tuera pas une centaine de Turcs ou d'Allcmands, ni ne détruira leurs Yillagcs, mais ne se décidera même pas à blesser un seul homme. Tout cela se fait grùcc à cette machine gouvernementale et sociale dont la dchc consiste à morceler la rcsponsabilitc des méfaits qui se commettent, de façon que personne ne sente à quel point ces actes sont contraires à la nature. L'.1utorité qui commande et l'autorité qui exécute, placées aux deux limites extrêmes de l'organisation gou- ,·erncmentale, se relient comme les deux bouts d'un anneau : elles dépendent l'une de l'autre et se maintiennent mutuellement. L'impôt décrété par le gouvernement est perçu indépendamment de la Yolonté du contribuable. Le paiement des impôts, l'accomplissement des devoirs sociaux, la soumission aux punitions, toutes choses qui semblent volontaires, ont toujours au fond la crainte d'une Yiolcnce. ~on seulement le gouvernement, mais même la majorité des gens IiUraux, des libres-penseurs, semble s'être qonné le mot pour détourner soigneusement la tête de tout cc qui a été <lit, écrit, fait et se fait encore pour n'.:vélcr l'inconciliabilité de la Yiolencc dans sa forme la plus terrible, celle de l'organisation du meurtre, avec la doctrine non seulement chrétienne, mais simplement humanitaire, que la société prétend professer. A quoi bon les percepteurs d'impôts gui s'acquittent de leur t.\che à contre-cœur, puisqu'on peut réunir sans eux les sommes nécessaires? A quoi bon les capitaux concentrés entre les mains de quelques-uns, puisqu'ils ne peuvent être utiles qu'en devenant la propriété de tous? Et une fois ces questions posées, les hommes ne peuvent pas ne pas arriYcr ù la résolution de cesser d'entretenir toutes ces institutions deYcnues inutiles. Il n'est pas un homme aujourd'hui qui ne voit combien il est inutile de prélever des impôts sur le peuple travailleur pour enrichir des fonctionnaires oisifs; com-

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