LA REVUE SOCIALISTE cicncc qui remplissent l'existence de l'homme moderne, il suffirait de cet état de paix armée pt:rmanente et de la fausse religion, dite chrétienne, pour que l'homme désespère, doute de la raison humaine et renonce ù la \'ie dans cc monde insensé et barbare. Il suffit d'en avoir nettement conscience pour en devenir fou ou se suicider. Et c'est ce qui :uri\'c. Cc n'est que par cela qu'on peut expliquer l'intensité terrible avec laquelle l'homme moderne cherche à s'abrutir par le Yin, le tabac, l'opium, le jeu, etc. S'il n'y avait pas de moyen extérieur d'abrutissement, la moitié du genre humain se brûkrait la cer\'elle immédiatement, car ,·iHe en contradiction aYec sa raison est la situation la plus intolérable. I [ Notre société est di\'isée en deux classses disti!1ctes : riches et pam-rcs; traYaillcuse et oisiYe. Les riches, privilegiés de la fortune, sont montés sur le <losdes hommes, <les pauYres, qu'ils écrasent; ils les obligent de les porter, et, sans les lttcher, leur disent qu'ils les plaignent bc,rncoup, qu'ils n'ont qu'un seul désir : améliorer leur situation p,ir tous les moyens possibles, et cependant ils continuent à rester sur leur dos. Pour mieux asservir ces derniers, ils établissent des gouvernements qui cachent aux peuples les moyens de s'affranchir, qui constituent des forces armées pour maintenir l'ordre des choses établies. Pour les consoler de leurs miséres et <le leur serYitÙde, les riches, les forts, établissent des lois, inventent des superstitions religieuses, p,1triotiques, etc., - tout basé surla Yiolence. Toutes les lois, même celles qu'on a fait passer pour divines, sont faites par des hommes; or les hommes ne sont pas infaillibles; de quelque autorite exterieure qu'ils soient i,westis, les hommes, faillibles, ne peun:nt pas devenir infaillibles par ce seul fait qu'ils se réunissent en une assemblée à laquelle ils donnent le nom de senat ou quelque autre an,tloguc. C'est p,1r la violence que le pouYoir maitrise les personnalites qui lui sont insoumises. Les dt:fenseurs de la conception sociale actuelle cherchent d'ordinaire à confondre la notion du pouvoir, c'est-a-dire la Yiolcncc a,cc la notion de l'influence morale, mais cette confusion est absolument impossible. L'influence morale agit sur les désirs mêmes de l'homme et ks modifie dans le sens qu'on lui demande. L'homme qui subit l'influence morale agit scion ses désirs. Tandis que le pou voir, d,rns le sens orJinaire de ce mot, est un moyen de forcer l'homme â agir contrairement à ses désirs. L'homme soumis au pouvoir agit non pas comme il Yeut, mais comme il est obligé de le faire;
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