ESSAIS SCR LA MONNAIE, 1 E CRÉDIT ET LES BANQUES 291 besoins courants; presque tous les reYenus étaient Yersés dans le pn.:- mier et on n'y touchait qu'à titre de prêt en ayant soin de remplacer sans retard cc qui avait été emprunté. Ceci montre bien claircm,cnt la corrélation existante entre la thésaurisation primiti\'e et les formes subséquentes <lucrédit public. Ces traditions se perpétuèrent dans la Sicile norrnan<le; sous le grand Frédéric If, qui peut C:tre considéré comme le fondateur de l'État moderne, en Sicile le prince « par le cadastre et l'impôt sur la consommation, par le monopole du sel et des métaux, remplit son trésor; il est l'armateur priYilégié pour les ports de la Méditerranée; il retarde le départ des navires qui ne portent point ses marchandises» (1). Frédéric II est à la fois grand propriétaire et le principal commerçant de son royaume. Les invasions des conquérants mongols en Asie et en Russie exercèrent aussi une influence considérable sur le développement du crédit privé et public en y introduisant un facteur original vers l'admission duquel tendait du reste la pratique universelle des altérations monétaires, je veux parler de la monnaie de papier ou de parchctnin. Au treizième siècle, en Chine, apn:~ la crise qui avait donné lieu aux expériences socialistes mais autoritaires du ministre Wang-Ngan-Tché, sous le règne de l'empereur Chen-Tsoung, les tribus mongoles, turques et mandchoues font la conquête de cette immense contrée, l'une des plus antiques en civilisation (2). Outre les impôts énormes que les Mongols établirent, ils introduisirent l'usage du papier monnaie, pendant les treizième et quatorzième siècles; la quantité émise en fut énorme. Leur propre monnaie n'avait rien de métallique; ils anient trou,·c en Russie, dans le Kiptchake, le cuir monnaie et la monnaie de peaux de martres et d'écureuils; en Chine, il trouvè1ent la sapéque. Les ministres de Khoubilaï émirent d'abord des bons d'échange en papier à base de soie. Il y avait toujours eu une proportionnalité assez stable entre la valeur de la soie et celle de l'argent. Quand le papier de soie fut entré dans la circulation on substitua l'écorce de mûrier à la soie; on établit des caisses et des banques spéciales pour échanger l'or, l'argent et le cuivre contre les bons de mCtrier suivant un rapport plus ou moins arbitraire. De 1260 à 1294, Khoubilaï émit, suivant les calculs les plus probables, pour un milliard huit cent soixante-9ouze millionsJcfrancs de ces billets. Naturellement, les prix des denrées et des salaires haussèrent et ce papier monnaie baissa continuellement de valeur. Alors, les ministres mongols n:dui- (1) E. Gebhart. L'Italie mystique, citation de M. E. Nys. (2) Huc. -:...'Empirechinois, spécialement t. II, p. 70. - Le livre de Marco Polo, édité par G. P.1uthier, 2 vol. 1889. - fournier le Plaix. L'lmpot dans les diverses civilisatio11s, I 897.
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