LA REVUE SOCIALISTE ctant rnùr pour son démembrement, les propriètaires romains et autres ounirent la place aux Barbares aYec lesquels ils s'en partagèrent les débris et reconstituèrent l'exploitation du monde laborieux sur des bases et suiYant des procédés en partie nouYeaux, en partie seulement restaures et rajeunis. Les traditions impèriales se cristallisèrent à Byzance. Là aussi les besoins énormes de l'administration et des guerres incessantes aboutirent à l'altération des monnaies; un moment Yint ou il y eut deux sortes de 110111is111ata, de sous d'or; pour la rentrée des taxes, le fisc n'acceptait que la monnaie de poids supérieur; quand il faisait des paiements, il jetait dans la circulation les monnaies de poids faible (1). C'est cependant de Byzance que la monnaie d'or plus ou moins honnête se réintroduira en Europe par l'intermédiaire de l'Italie. Les Barbares aYaient aussi pris part aux dépouilles romaines. Les trésors accumulés par les Huns et les AYars étaient si considérables qu'après la prise de leur ring ou camp retranché par les Francs en 796, la Yalcur des métaux précieux, à la suite de leur répartition par Charlemagne, subit une baisse. Le monde mulsulman surtout exerça une grande influence sur l'économie Je l'Europe centrale et occidentale. ï ombre d'institution·s et de procédés y furent en vigueur qui expliquent de prétendues utopies qui n'apparurent que plus tard et qui était en grande partie la simple réminiscence d'états sociaux réels. Le prince musulman était non seulement un grand propriétaire, mais il faisait le commerce; il perceYait une dime de 2 1/2 °/o sur tout l'argent monnayé. Le grand historien et philosophe Ibn Khaldoun signale la concurrence désastreuse pour les particuliers du commerce exercé par le chef de l'État; d'après lui, le résultat fiscal de cette pratique fut que même « le prince perdit considérablement du côte du reYenu >> (2). Il n'en était pas moins vrai que l'État commerçant n'est pas une simple utopie. En dehors de ces ressources du domaine du prince, des dons \'Olontaires lui étaient accordés par la gema ou assemblée des nobles, des docteurs, des chefs de corporation; il en fut ainsi notamment sous la domination musulmane en Sicile; ces dons Yolontaires rappelaient évidemment le mode de contribution des primitiYes communautés égalitaires et libres. Le prince musulman a aussi un trésor; le Siasset Namch ou Traité du gouYernement, rédigé au onzicme siècle, montre que, comme 1 Rome, les rois Scldjoucides aYaient deux trésors, dont l'un de rèserYe deYait rester intact tandis que l'autre subYenait aux (1) G. Schlumberger. U11empereur byz.a11ti1a1u dixième siècle, p: 538, cité par M. E. Nys d~ns Recbercbessur l'histoire de l'éco11omip~olitique, p. 5. 1898. (2) E. Nys. Rechercbesrnr l' bistoire de l'éco11011p1oileitique, 1898.
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