288 LA RE\"L'E SOCIALISTE Les prUcts du pretoirc durent expédier l'or à Byzance, renforçant ainsi l'ecoulcment naturel; c'est là que Y0nt se conserYcr les bonnes monnaies et les traditions rnonetaires honnêtes, autant qu'il est possible dans une économie métallique. L'or étant devenu trcs rare, aYcc la contraction monétaire l'argent augmente de Yaleur. Alors, l'État, les empereurs, d'accord aYec les jurisconsultes, s'efforcent de faire circuler le cuiHe comme argent_; le systemc monltaire retourne à son stade metallique primitif. L'Etat possédait des mines importantes de cuin-e, notamment en Dalmatie. On abaisse aussi le poids et le titre des monnaies d'argent, même on revêt la pièce de cuin-c d'une mince couche d'argent et parfois simplement de plomb. Ces picces baient donc une monnaie purement fictin, de Yéritablcs assignats; l'eyolution naturelle et logique du systcrne monltairc mltallique aboutissait ;\ son climination; le medium des echangcs se reduisait à être un simple titre indiquant des unîtes de compte (1). Cc comptabilisme social était éYidemment inorganique et grossier; il ne resoh·ait pas du tout le problcmc de la valeur d'echange; aussi coïncide-t-il, à Rome, a,·ec le regime de la tarification et du maximum par \'Oie d'autorite. Lors de la suppression de l'Empire d'Occident, Zenon rend au slnat le droit de monnayage; le slnat le conserve sous les Ostrogoths. \'ers la fin de l'empire, les monopoles fi.seaux s'ltaient multipliés. Justinien defcnd aux particuliers de fabriquer tks armes; l'exploitation de toutes les mines finit par tomber dans les mains de l'État. En 365, Valentinien Ier, pour augmenter leur produit, permet cependant à tout le monde d'exploiter les mines d'or, à charge de payer annuellement et par personne au fisc huit scrupules de poids d'or; cette rcdeYancc fut rlduitc ù sept scrupules par une constitution de 392 dans le même but; en outre, c'est au fisc que 1cs exploitants doi\'ent vendre l'or extrait des mines (2). Ainsi l'c\·olution lconomique aYait suiYi son cours spontane à defaut d'organisation positive et sociale de la monnaie, du crédit priYé et public et de la propriete. Pour celle-ci egalcment un retour s'était fait Yers la forme royale et patrimoniale primitiYc. L'empereur, d'abord (1) Sous l'empire, les monnaies d'argent étaient tellement altérées que déj:i, vers Je troisième si~clc de notre ère, la monnaie de cuine était recherchée com01e la plus honnête. Didius Julien, Caracalla, Sévcre, Gallien, altcrent les monnaies. Celle de Caracalla avait plus de la moitié d'alliage, celle de Séd:~e les deux tiers ; sous Galien on ne voyait plus que du cuivre argenté. (2) E. Fournier de Flaix, L'impôt da11s les diverses ciuilisalio11s, 1897. - l\Iomm· sen et Marquardt, Anliq11iles Ro111ai11es-.
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