LA RE\'UE SOCIALISTE en réalité un dcveloppement des anciens greniers publics en usage dans l'antique Égypte et en Perse; tous ces procédés empiriques présentent une intéressante analogie avec les Poor Laws en Angleterre. Cesar n jusqu'à s'emparer de l'aera.ri11111, dont il distribue les réserves précieuses à ses legionnaires; l'or est jeté en abondance dans la circulation; une crise monétaire en est la conséquence; le rapport entre les deux métaux tombe de 11 à 8.93. Auguste reconstitua la réserve de l'aerarium. Tibère à Capri a un trésor de deux milliards sept cents millions de sesterces dissipés par Caligula en moins d'un an. L'as libralis diminue, sans interruption, de poids. En 89 avant Jésus-Christ, la loi Papiria l'avait fixé à 1/2 once; sous le triumvirat d'OctaYe, d'Antoine et de Lépide il est réduit à 1/3 d'once; sous Alexandre Sévére à 5/24, sous Trajan Dèce à 1/8, sous Trebonien Galle à 1/12 (1). Auguste lui-même s'était emparé des trésors accumulés dans les temples et les lieux sacrés. A bout de ressources, il avait condamné quatorze cents dames romaines, toutes veuves de patriciens distingués, à payer ensemble, dans un bref délai, deux cent mille talents, et il menaça les prêtres de les mettre au nombre des proscrits s'ils ne lui donnaient sur le champ le cinquantième de leurs biens et une année de leurs revenus. Lé désarroi des finances suscita cependant des projets et <les institutions d'une portée plus sociale et plus positive. Nous avons déjà parlé du projet de banque proposé sous Auguste par Mécènes. C'est également sous Auguste qu'il fut procédé au recensement des ressources gcnérales de l'Empire. De cette époque date la création successive des grandes administrations permanentes léguées par Rome aux sociétés modernes. De 216 à 2 11, on avait créé des banques publiques pour di vers objets, spécialement pour' opérer l'encaissement des sommes Yolontairement prêtées par des particuliers à l'État; on institue, à cet effet une commission de banque, les tres viri 111e11sarii, composce de deux consulaires et d'un tribun du peuple. Le crédit public était cependant sans organisation ,·éritable; les lois mêmes contre l'usure rendaient celle-ci plus formidable. Ainsi, les habitants de Salamine, Youlant emprunter de l'argent à Rome, en ctaient empêchés par la loi Gabinienne. Brutus, d'après Cicéron, sous des noms supposés, leur en prêta à 48 °/0 et obtint à cet effet deux sénatus-consultes : le premier dcclarait que ce prêt ne serait pas considérc comme une fraude à la loi et que le gouYern_eur de Cilicie (1) Pour l'évolution monétaire, lire le chapitre spécial consacre à Rome.
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