ESSAIS SUR l.A MO.'NAIE, LE CRÉDIT ET LES BA?\QUES 283 tous les services tant ordir~aires qu'extraordinaires; puis s'étaient différenciés <lela masse les domaines royaux et religieux; la thésaurisation en produits agricoles et en bl'.:tailétait devenue une forme spéciale de la préYoyance sociale; dans l'âge industriel et métallurgique les métaux précieux, en suite d'une selection continue, a\·aient surtout été affectés à la formation des trésors des temples, des rois et finalement <le l'État constitué en organe social distinct. Alors <le nouvelles formes de crédit public aYaient apparu: les emprunts plus ou moins Yolontaires mais surtout forcés des \'illes et des États, l'altération des monnaies en vertu du privilège public de leur émission, la création de monnaies fictives sans compter une foule d'expédients empiriques dont nous a\'ons fourni des exemples. Rappelons encore, qu':\ Athènes notamment, l'administration financière, d'abord religieuse, était de\'enue laïque et que <les banques pri\'ées étaient deYenues les dépositaires des richesses des temples, et intervenaient probablement dans les emprunts publics. Dans tous les cas, les formes du crédit public étaient restées archaïques ù la différence de celles du.crédit pri\'é beaucoup plus Yariées et plus nombreuses. A Rome, dès les premiers temps, il existe un domaine de l'État dont les re\'enus alimentent l'aerarium; il se composait principalement de pâturages communs dont le prix d'affermage formait le plus net revenu du domaine; l'affermage ordinaire ètait de cent ~ns. En dehors du domaine public, il y a,·ait le domaine royal qui s'était différencié de la communauté primiti\'C. Bientôt il y eut deux trésors, l'un, destiné aux besoins journaliers de l'État, était alimenté par les tributs et les impositions ordinaires; dans l'autre était ,·crsé l'or de l'impôt du Yingtième établi sur la Yentc des escla\'CS et sur les biens des vaincus, aurum vicesimarium; on ne touchait à ce dernier quc dans les besoins urgents ( r). Les guerres et leurs exigences excessives donnèrent bientôt lieu aux mêmes expédients financiers que ceux qui avaient eu cours en Grèce; la république romaine ne trou\'a qu'ayec peine les deux mille liucs de sa rançon aux Gaulois. Pour soutenir la guerre contre les Samnites, le consul Fabricius dut ounir sur sa foi un emprunt qu'il remboursa lui-même à la fin des hostilités. Lors de la première guerre punique, le gouYernement réduit le poids de l'as; « on gagna ainsi, ecrit Pline, cinq sixièmes et on liquida les dettes ». (Pline, (1) Ce fut la loi Manlia,en 557:ivantJésus-Christ,quiétablitcetimpôtde S 0 /.surla valeur des esclaves affranchis; le produit, consistant en lingots d'or, constituait un fonds de réserve de l'aerari11111. Les conquêtes firent du reste de plus en plus affluer l'or; aussi, en 209, l'aerarium possédait-il quatre mille livres d'or.
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