La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

280 LA RE\'UE SOCIALISTE notamment commercial, étaient trés abondantes et Yariées. Seuls les bénéfices n'.:alisés sur les monnaies peuYent être considérés comme des emprunts forcés, non remboursables en fait par l'État, mais dont la collectivité laborieuse en dernier ressort subissait tout le fardeau; c'était le travail national qui supportait en réalité la charge du remboursement de toute la diffé'rence entre la Yalcur naie des monnaies et leur Yaleur nominale, différence qui constituait le bénéfice tout au moins apparent du trésor public. En général, cependant, la structure essentiellement commercialed'Athénes, bien que déformée par le milieu militaire et politique, l'obligea cl'aYoir une monnaie honnête au moins pour ses relations extérieures. Athéncs, a son apogée, aYait la meilleure monnaie de l'époque; aussi la drachme d'argent et le statcrc d'or étaient trés recherchés. Nous avons vu que les temples aYaicnt été les prcmiércs banques de clép6ts; quand l'administration financicrc eut été laïcisée, Athcnes posséda aussi des banques où étaient déposes les capitaux des principaux oracles ou temples. Cependant la plupart des cités grecques altéraient leurs monnaies; quelques-unes même avaient deux monnaies, l'une de bon aloi pour _le commerce extérieur et l'autre, altérée, pour l'intérieur; elles se pliaient, - ainsi sans s'en douter, à la loi monétaire à laquelle Th. Gresham devait attacher son nom et que les économistes se refusent encore a appliquer logiquement jusqu'au bout en méconnaissant qu'une monnaie de compte purement co1wentionricllc, c'est-à-dire sans valeur intrinséque bien que rcpréscntatiYc de Yalcurs réelles, puisse suffire aux besoins monétaires internes d'une société. Athcnes, néanmoins, altéra parfois ses monnaies, notamment celles d'or, dans des circonstances critiques. C'étaient des emprunts déguisés. Les pertes résultant de ces altérations constituaient un véritable emprunt fiorcé; mais les classes su.péri cures, spécialement celle des capitalistes entrepreneurs, le faisaient aisément retomber sur la masse par le commerce, l'usure, le paiement des salaires, etc. A l'intérieur, on suppléait aussi à la monnaie métallique de diverses façons; mais l'altération de la monnaie d'argent y était surtout sensible, car c'était la monnaie courante. Le privilège de l'émission de la monnaie était clone pour l'État une source extraordinaire de revenu, c'était un emprunt forcé remboursable par la classe laborieuse. On sait que la réforme de Solon, nécessitée par la condition misérable des citoyens libres réduits par leurs dettes a un véritable état cl'esclaYage, consista notamment clans l'abolition des dettes privées et peut-être même publiques ainsi que clans l'élévation de la valeur de la mine de 73 à 100 drnchmes. Ainsi, en Grèce, les monnaies frappées au nom du peuple, dans les

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