La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

ESSAIS SUI~ LA MONNAIE, LE CRÉDIT ET LES BA~QUES 279 suppléait efficacement am: formes fiscales modernes et aux emprunts; il donnait, en outre, de même que l'existence d'un domaine foncier, une grande indépendance d'allures aux gouYerncments. L'Écriture signale les tresors d'Ézéchias et de Salomon, celui du temple de Jérusalem; celui de Cyrus était considérable; Alexandre déposa à Ecbatane 180,000 talents (pres d'un milliard de francs) provenant du trésor des rois de Perse. C'était cc trésor qui anit permis aux Achéménides de subsidier au quatriemc sieclc la coalition de Corinthe d'Athènes ' ' d'Argos et de Thcbcs contre Sparte, de même, qu'au dire de Thucydide (VIII, 4 et 5), Sparte reçut de la Perse plus de 5,000 talents au cours de la guerre du Péloponése; la cor ru pt ion par l'or des rois Achéménides était deYenue une accusation banale au sein des partis politiques dont les chefs et les orateurs se lançaient les uns aux autres la même injure trop souvent fondée. Aujourd'hui encore la Prusse a un trésor de guerre; la France se réserve d'utiliser les énormes capitaux metalliques de sa Banque; si la Russie n'a pas conserYé les rentes françaises qu'elle aYait achetées avant 1848 pour former une réserve, elle a un nùor en or considérable et toujours disponible; si l'Autriche n'a pas donné suite à son projet de 1878 de constituer un trésor de guerre de 60 millions de florins, c'est que sa situation financière ne le lui a pas permis, de même pour l'Italie encore plus obérée; ainsi la thésaurisation antique, avec son caractère tout à fait antiéconomique, dcYait naturellement se perpétuer chez les grandes nations militaires de notre époque. Les Reve11wde l'Attique de Xénophon ( 44 5- 3 54 a\'. J .-C.) et les ren- ~cianemcnts nombreux fournis par les écri\·ains grecs en général nous 0 . initient parfaitement à l'organisation financière de l'Etat athénien à l'apogée de sa puissance; nous n'a\'ons à nous en occuper que rclatiYcment au crédit public. Les re\'cnus ordinaires d'Athènes se composaient d'abord des biens de l'État dans lesquels il faut comprendre les confiscations, les prestations ordinaires, les taxes sur les étrangers, les frais de justice, les droits de douane et de port ainsi que les tributs. Ainsi, en même temps que le domaine collectif s'était différencié des propriétés priYées, il s'était emparé de sources spéciales de re\'enu ~c maniere à assurer les services publics généraux et permanents de l'Etat tel qu'il était alors constitué comme fonction distincte de la société, c'est-à-dire comme gouvernement. Les revenus extraordinaires comprenaient les prestations extraordinaires, l'impôt sur le capital, le butin de guerre, les bénéfices sur les monnaies et les contributions forcées. En somme le crédit public n'ayait guère de place dans cette organisation financiére, alors au contraire que les formes du crédit privé,

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