La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

ESSAIS ~L::l LA ~!ONXAIE, LE CREDIT ET LES BA:--;QUES 281 républiques, du roi dans les monarchies comme en Épire et en Macédoine, étaient au point de nie de leur émission un priYilègc de l'État et un adjuYant financier qui suppléait à l'insuffisante organisation du crédit public. De m<'.:mcen Perse, les rois Achéménides se n'.·scn·aicnt la frappe des pièces d'or, permettant seulement, dans certaines satrapies, le monnayage des autres métaux pour les besoins locaux suiYant un rapport probable, en cc qui concerne l'argent de r 3 r/2 ou même moindre; ainsi l'argent ne pouYait chasser l'or. Le même système exista pendant quelque temps en Grèce a\·cc un rapport commercial encore inférieur; il en rèsulta que l'argent fut emporté et disparut presque complètement de la circulation dans ks proYinccs intérieures de la Perse. Un autre rudiment de crédit public se rencontre à Athènes et ailleurs clans le fait que des fermiers généraux étaient <'.:lupsour la perception des impèts, mais des colkgcs ou sy11111ories n faisaient l'nvn11ce au trésor; c'ètaient les colléges de riches; en n:alité ils a\'ançaient l'impèt dans l'intérêt de l'État mais pour le compte des particuliers ù charge desquels leur aYance était récupén:c. On assiste toutefois à une é\·olution supérieure spécialement dans les cités commerçantes oü on constate l'apparition d'emprunt de \'illes et d'États. Ainsi, d'après Aristote (Eco11., li, 2 et 12), les Chiotcs firent un emprunt uniquement à charge des capitalistes; ils aYaient du reste déjà un systcmc d'enregistrement public mème pour les dettes particulieres; l'État dcYait payer les intén:ts de l'emprunt jusqu'ù son remboursement. Un décret du peuple de Clazoméne ordonna aux citoyens de liHcr à l'État toute la récolte d'huile, denrée abondante dans le pays, afin de parer à une disette de blé; l'huile fut échangée contre celui-ci ou vendue pour en ·acheter; l'État de\·ait payer l'intérêt des a\·anccs qui lui étaient faites en nature sui\'ant estimation. (Aristote, /;co11., II, 20 et 2 5.) On saisit sur le fait le rapport fonctionnel de corrélation existant entre l'impèt, le crédit public, la monnaie et l'altération de celle-ci dans cette circonstance que cc même peuple étant redcYablc de Yingt talents à ses troupes mercenaires, donna quatre talents aux chefs pour gagner du temps et ensuite frappa Yingt talents de monnaie de fer à laquelle il attribua la yalcur de l'argent. Cette monnaie ficti\·e et conYentionnellc fut partagée entre les riches en échange de leur monnaie de bon aloi avec laquelle clic fut cchangée. Ainsi, la monnaie de fer mise en circulation remplaça la monnaie d'argent; la masse nominale de numéraire resta la même, seulement l'argent fut réscrYc pour le commerce extérieur; on ne pouYait du reste faire autrement, car la

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