La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE ligue précieuse, la thésaurisation se fait en outre en ces produits et dans la suite même exclusiYement en lingots ou en monnaie, du moment surtout où la monnaie métallique est deYenue l'intermédiaire reconnu des échanges. Dans la thésaurisation, l'impôt et le crédit public sont confondus; le trésor s'alimente du produit des domaines royaux et autres, des prélèvements faits sur la production générale et du butin de guerre. L'État, représenté ou non par des castes ou un chef, a son trésor comme il a son domaine; il est propriétaire, capitaliste, entrepreneur; sa fortune est en définitiYe le rcsultat d'un prclhement opéré sur le traYail de la masse laborieuse du groupe social ou indirectement, par la guerre, sur celui des coUectivités étrangcres. Là où, comme dans les grandes civilisations orientales, il existe une caste religieuse prépondérante, là aussi où le pouvoir central est lui-même theocratique, naturellement toute l'administration financière -tend à revêtir une structure religieuse. Dans la période royale de la Grèce, les princes à la fois chefs religieux et militaires, possèdent un trésor de même qu'ils ont un domaine; l'un et l'autre suffisent en genéral à l'exercice de leurs fonc-: tions; les chefs contribuent Yolontairement, en cas de necessité, aux depenses extraordinaires; le palajs royal est à la fois temple, forteresse, grande ferme et coffre-fort. Pendant longtemps encore après l'abolition de la royauté, toute l'administration financière d'Athènes est religieuse et son trcsor est dans le temple. Ce n'est qu'en 454 avant Jésus-Christ que le trcsor fédéral est transporté de Délos à Athcnes, et ce fut, à cette occasion, qu'une forte administration financière, purement laïque, fut organisée comme serYice de l'État. Cependant, les temples continuent à être de Yéritables réservoirs de capitaux; non seulement ils ont leurs propres trésors, mais ils sont utilisés comme véritables banques de dépôt par les États et les particuliers et des lors ils se transforment naturellement aussi en banques de cr<':ditaussi bien public que priYé. Ainsi, pendant la guerre du Péloponèse, Athènes emprunte l'argent des temples et rembourse sa dette aYec les intérêts au taux. relativement très bas de 1/300 de drachme par mine et par jour. L'amphictyonie grecque, dont la principale était celle de Delphes, a pour objet notamment la défense du temple et de son trésor; ce fut même la raison de la première guerre sacree soutenue par Sicyone et Athcnes contre de petites cités perturbatrices du droit international amphictyonique de 600 à 590 aYant notre cre. C'était l'habitude des princes et des États d'amasser des trésors; c'était une immobilisation onéreuse des capitaux, mais le procédé •

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