L'DIPÉRIALIS~IE Al\GLO-SAXOl\ est irnpéri:1liste, tout comme le duc de Devonshire, M. Fowler, sir Mich:1ëlHichs Be:1ch, M. Asquith, lord Hamilton ou sir Edmond Grey. Nous prenons :i. dessein ici des hommes de toutes les fractions, qui jouent un rè>lcconsidérable dans la Yie quotidienne du RoyaumeUni et qui n'ont qu'un seul point de contact: leur déférence pour l'impérialisme. D:1nsles groupements bourgeois, seuls, ou peu s'en faut, représentés à \Vcstminster, deux hommes ont fait bande à part : les deux meilleurs lieutenants de Gladstone, \Villiam Harcourt et John Morley. Quelque diYcrgcnccd'idées qui sépare ces hommes du socialisme, nous leur rendons hommage, car ils ont osé résister à cc courant d'exaltation nationale si digne d'inquiéter le monde civilisé. Il est vrai qu'ils ont dù, pour prix de cette cour:1geuse fidélité, l'un céder la direction de ses :1ncicns amis, l'autre quitter le second rang où il brillait par d'éminentes qualités. r\ l'exception encore de l'original et sagace directeur du Truth, M. L:1bouchére, tout le Parlement est cntréd:1nslc sillon des Jingoës. S'il était permis, en présence d'un pareil désél]Uilibremcnt moral, de chercher quclq ue recon fort, nous <lirions quc cet uni verset abandon des partis bourgeois, que cette l.'tchctédeYant les exploiteurs du drapeau, profiter:1 largement au socialisme britannique. Lui seul, au milieu du courant jingoïstc déchainé, surgit comme le noyau de concentration des hommes de sens rassis, comme la forte barriére jetée en traYers de la tourmente. D:1nsles jours sombres de cet hi\'er, il a rendu <léjù<l'inappréci:1bles ser\'ices, mais, par malheur, ses cadres ne sont assez puissamment organisés pour qu'il réussisse à p:1ralyser le chauvinisme, et, av:1nt d'être brisé p:1r l'a!>sautdémocratique, celui-ci peut consommer d'abominables forfaits. Par les éclaircissements que nous produisons plus loin, cet antagonisme entre les soci:1listes et les p:1rtisbourgeois apparaitra, en l'espèce présente, comme lié à la lutte historique des classes, et comme rationnellement nécessaire. Chamberlain est le grand maitre de l'impérialisme. A chaque gcnération, nos Yoisins aiment fort à incarner en un homme leurs opinions du moment. Pitt, puis .Palmerston, puis Disraeli ont eu les honneurs de cette prépotence reconnue. Ni Salisbury, ni Gladstone n'ont tenu cc sceptre, l'un parce qu'on lui reprochait ses à-coups de faiblesse et de violence, l'autre parce qu'il était trop intellectuellement haut, trop dédaigneux des convoitises brutales d'un âge de trafiquants. Chamberlain etait bienà la taille de cesmarchandsdeBirminghamqui prétendent se subordonner la politique d'Albion, qui rapportent tout a eux-mêmes,
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