La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE change et produit intér0t. - Antoine Serra a « traité des causes qui pcm·ent faire abonder l'or et l'argent dans les royaumes ». - C.1111panella est connu. \'oilà pour l'Italie. Nous ne renouvellerons pas cette énumération pour l'Angleterre et la France. Chacun peut consulter un dictionnaire biographique, et en France l'on connaît les noms de Bodin et d'.\.ntoinc ;.1ontchrétien, auteur du premier li\'l'e ayant pour titre : Trniclé de l'œcono111pi,o: li1iqne. La compilation de i\f. Nys se tèrminc par la constatation des maux engendrés par le mercantilisme et k prohibitionnisme heureusement remplacés aujourd'hui par la plus ou moins libre pénétration internationale. :\ .. \' .. Le Socialisme et la Révolution française, par A~DRÉ L1cHTEl';BERGER (Félix Alcan, éditeur.) - Cette étude très consciencieuse sur les idées socialistes en France pendant la période rt'.:\'Olutionnaire, c'est-il-dire de 1789 à 1796, est une suite naturelle et logique du précédent oun,1ge de ::V1. Andre Lichtenberger sur le Socialis111a,'u dix-lJ//iliè111sciècfr. D,rns le Soci11lis11e1te la Ré'lJolulio1fr1ançais!', l'auteur examine dans quelle mesure les théories formulées par les philosophes et les utopistes du dix-huitième siècle ont été adoptées par les hommes politiques et par les collecti\·ités. 11 ne prétend pas a\'Oir fàit un inventaire complet du socialisme sous l.1 Révolution, m.iis il croit a\'Oir indiqué toute la part de socialisme général ou spor,1dique, en pui~sancc ou en application, qui s'est manifestée dans le cours de la Rholµtion. Pour avoir été traitée au point de nie plus purement documentaire et au point de \'Ue plus spécial de l'érudition, par M. Edme Champion, il y a quelques années, et, en ces derniers mois, par M. Aulard, en de remarquables articles de Li R<'".'1d1e<' la Réuolutio,,, la matière n'est point épuisl'..e. D'ailleurs, répétons-le, i\l. André Lichtenbcrger n'a pas prétendu apport..:r de nouveaux documents, mais plutôt grouper et classer ceux qui existent afin de nous donner une impression d'ensemble, et, à cc point de vue, son liHe a une très grande utilité. Une autre utilité, 1ion moins grande, de ce nouvel ouvrage, c'est que son auteur ne se prête pas, comme l'ont fait de précédents historiens, à des extensions ou à des déformations arbitraires du socialisme, grâce auxquelles toute la Rcvolution fut déclarce socialiste par les uns, et, par les autres, considérée au contraire comme nettement exclusive de tout socialisme. Pour éviter ce double écueil, M. André Lichtenberger limite le socialisme au problème de la production et de la répartition des richesses. Il a raison, encore que le socialisme, quand il s'exprime en théorie générale ou en propagande active, ne demeure indifférent à aucun des problèmes généraux de la société, et qu'il soit avec les savants contre les théologiens, avec les démocrates contre les aristocrates, en un mot qu'il adopte toutes les théories du progrès général de la société, en montrant d'ailleurs l'influence que la solution socialiste du problème de la production et de la répartition exercera sur ies autres solutions du problème politique et moral. i\1ais puisque l'on peut être pour la science et pour la démocratie sans être socialiste, et que l'on ne peut être socialiste

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