La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

REVUE DES LIVRES les suivants, M. Nys entremêle sans cesse le récit sommaire des faits, l'exposé succinct des institutions et quelques courtes citations d'auteurs. Aussi la trame de son livre est assez flou et le fond ne correspond pas rigoureusement au titre, puisqu'il parle de tout. Il est vrai que l'on dit : « Tout est dans tout », et que les premiers bégaiements de l'économie politique sont nés de l'observation des choses. Cependant, comme en ce cadre restreint d'analyse, il faut savoir se borner, nous nous garderons de la description des institutions politiques, juridiques et administratives. Et nous allons simplement signaler quelques points de repère dans l'histoire de l'évolution des idées économiques, ou plutôt économistes, car l'auteur, qui est sans doute plus fort en science juridique qu'en science économique, me paraît ignorer la science sociale et n'avoir de notions économiques que dans le sens << économiste ». Sur le Moyt::n-Age et les premiers temps de l'époque moderne, M. Nys ne révèle rien de bien nouveau : les tendances régionalement fédéralistes des villes industrielles et commerçantes, au sein desquelles florissait naturellement l'oligarchie, et parfois était maintenu l'escla\'age, notamment en Italie; malgré les grandes foires, le caractère généralement prohibitif et réglementateur de la politique commerciale, etc ... ; l'idée que la possession du numéraire était la richesse .... Mais venons-en aux doctrines économiques. Toujours superficiel M. Nys n'explique et ne déduit rien. Il cite des noms et dt::stitres d'ouvrages. Tout d'abord et en passant : Le libre échange a été affirmé pour la première fois par un écrivain français du commencement du dix-septième siècle. Dans un livre intitulé : Le 11011veaC11y11ée011discours d'Estat représe11/a1l1ets occasionset 111oyeuds'esta/Jlir1111peaix gé11h-alle l la liberté de co111111epracre tout le111011de, Eméric Crucé défend, en 162 3, à la fois la cause de la paix et les intérêts du commerce. L'Église, fidèle à ses origines, condamna d'abord les opérations de lucre ; ensuite, par politique, elle se contenta de les réglementer. Le prêt à intérêt qu'avait déjà flétri Aristote, continua à l'être . .Mais on prit des arrangements. Albert le Grand, Saint-Thomas d'Aquin et Egidio Colonna paraphrasent Aristote. - Dans le dernier tiers du quatorzième siècle apparaît le premier traité important sur la monnaie, par l'évêque de Lisieux, Nicole Oresme. - Apparaissent aussi les premiers traités sur la légitimité de l'impôt et des emprunts. Les dernières notes rassemblées par .M. Ernest Nys ont trait au mercantilisme·, - et à l'ensemble des premiers écrits économiques après le seizième siècle. - Campanella prêche la division du travail. - Machiavel accorde la même importance à l'agriculture et à la manufacture. - Les Ricardi de Sabba da Castiglione réclament en 1544 la liberté des prix. - Jean Botero pose le problème de la population.· - Scaruffi prône la création d'une monnaie internationale. - Davanzati, le célèbre traducteur de Tacite, écrivit une notice sur les termes du commerce et le mécanisme des opérations du change. - Nicolo Vito de Gozze décrivit « la science de procurer les choses nécessaires» comme constituant la partie administrative de l'lco110111ia et de la Politica, et il la divise en « commutative n et en « nummulaire », selon qu'elle enseigne comment l'argent se transforme en choses nécessaires, ou quand il fait l'objet du I

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