La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE mieux? Qudles sont ks conditions de changement interne et externe de tous ces facteurs de la sociétl': en marche? \'oilil autant dïnterrogations auxquelles fournil':re :ipporte ses propres réponses, tout en ,l\'Ouant que l.t .:on.:iliation é\'olmionniste des idées 11 \~st pas et ne sera jamais une œuwe entièrement ache\'ée, bien que cette con.:iliation des idées so.:iaks soit la seule légitime direction du mouvement philosophique et historique. Le panorama intclk.:tud que nous offre le conœptualisme un peu mét;tphysique de beaucoup de so.:iologues est incomplet et p;tr trop peupll': dï11m1ia ,·eg,111. D'autre part sont in;1cceptables les données de l'économie politique pure qui r,1mènent la formation et le déYeloppement possible..:de la ,·ie sociale à un jeu d'impressions passi,·es et fatales. ~e méconnaissons pas la part de réaction dans les cer\'eaux, c'est-;1-dire les actions et les ré;ic:tions, les assimil.uions et les désassimilations, les combinaisons les plus compkxes de la ment;1litl': individuelle et collecti,·e, et par conséquent de la volonté des hommes, qu'elle soit impulsive ou édairée. L'on a dit que l'.tppétit est le fond de la vie animale et que la \'ie humaine est une fonction essentielkment :extensi,·e et motri.:e. Eh bien, le besoin il s,ttisfaire et lïnnen·.1tion motrice sont aussi ks expressions de la vie des sociétés. Le spe.:tre solaire a ses trois couleurs fombmentales. Le spectre menta_l a ses trois aspects irréductibles : ro Li sensation; 2° l'émotion; 3° le désir intelligent. - De m.'.:111l1e.'.spec:tre social ,1ces trois aspec:ts : 1° b sens;1tion, qui est la manière spéc:iale dont la conscience d'une so,il':té donnée est modifiée par le contact des choses et cles é, énements; 2° l'émotion agréable ou pénible; 3° l'appétition apercepti,·e et motrice (désir intelligent) qui est la manière originale dont un groupe social réagit pour imprimer sa direction propre aux mou- ,·cments organiques de !'hum.mité. Bref, toute pensée supl':rieure est un précipité de désirs; die est issue d'appétitions et tend :i des appétitions. F.tire le tri entre les divers cour,111tsde pensées qui partagem le monde, analyser les pré.:ipit~s de désirs d'où émanent ces pensées directrices; synthétiser les appétitions qui sembknt a\'Oir le plus de chances de prédominer et de transformer la société, c'est-à-dire de réaliser l'idéalisme social, tel a été IJ but que Fournière a constamment poursuivi et qu'heureusement pour le soci.,lisme doctrinal il a atteint. Enfin, d.rns le courant social, au travers de la continuité et de l.1solidarité de tous les processus, soit l':conomiques, soit mentaux, Fourni~re s'est sans cesse Jtt,iché à s:iisir et :1 dl':montrer l'unitc indissoluble du penser et de )'agir (s.woir = \'Ouloir), loi nécessaire d'importance c,1pitale qu'il ,1 résumée : « Les faulités soci;1les disparaîtront devant notre vouloir né de notre sa- \'Oir ». Ainsi, la doctrine de l'é,·olution et de la sélection naturelle, qui explique les diverses formes de la Yic p:1r le triage séculaire des combinaisons les plus capables de sur,·iHe, fait :, la pensée, dernier terme du processus organique, produit naturel de la sélection évolutive de la nature, sa place naturelle dans le dé\'eloppement des choses, :, plus forte raison dans I.1 réalisation progressive des idées égalit:tires et communistes vers lesquelles tend et aboutit le déterminisme social.

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