REVUE DES LIVRES 2.-1-7 bliques, afin de pouvoi~ davantage, d'avoir en un mot plus d'action. Toujours Fournière a voulu de plus en plus savoir afin de pouvoir de plus en plus agir. Comme Malon et Rouanet, Fournière a eu le rare bonheur de mener sans cesse de front la contemplation et l'action, la propagande théorique et l'intervention politique. Ses états de services sociaux comprennent à la fois des études doctrinales, des articles de polémique quotidienne, des conférences professorales et des discours socialistes et politiques. Aujourd'hui le député persiste à vouloir être à la fois un homme d'études et un homme d'action, et même à faire muer ses études en actes. . En effet, ce livre n'est-il pas encore un acte, une tentative de pénétration socialiste dans les sphères les plus élevées des classes intellectuelles, et aussi un réconfort personnel pour l'auteur : « Tout essor vers une conception plus élevée donne courage et force pour en tenter la réalisation. » Cependant, ce n'est pas à proprement parler une construction sociale idéale qui est tracée dans ces pages, mais plutôt une indication des probabilités futures, tirée de l'observation comparée du présent et du passé. L'idéalisme social de Fournière, c'est tout simplement, et c'est beaucoup, l'exposé philosophique des formes pensées de l'évolution, des espérances d'avenir faites de souvenirs et de comparaisons. Le cadre de cet article bibliographique ne nous permet pas de dresser le catalogue des ressemblances et des dissemblances spécifiques de Fournière avec ses éminents devanciers en socialisme ou en philosophie sociale, d'autant plus qu'il a fait œuvre d'éclectisme actif, je dis actif pour réindiquer qu'il a puisé partout cc qu'il appelle« les outils de l'esprit». - Mais ces outils nécessaires à la manifestation de son esprit, il se les est si bien assimilés qu'il n'en a pas moins créé une œuvre personnelle et durable. - Communiste à la façon de Molière, il a comme Molière avoué qu'il avait pris son bien partout où il le trouvait. Molière n'en a pas été moins Molière. Mutatis 111utn11dis, Fournière _n'en est pas moins Fournière. Dans cette Revue, qui a publié en études détachées la plus grande partie de l'Idénlis111e Social, nous ne pouvons pas non plus, en un espace aussi restreint, donner intégralement l'aperçu succinct de la substantifique moelle que tout esprit curieux de philosophie sociale peut extraire de cet ouvrage qui a sa place marquée dans toute bibliothèque ayant un rayon réservé aux sciences sociales. • En sociologie, qu'il s'agisse d'histoire ou de psychologie individuelle et collective, ou d'un exposé doctrinal (Fournière a combiné le tout), la vraie méthode est une série de corrections, de constructions, de déductions et de vérifications scientifiq~1es, dans le but de ramener la plus grande multiplicité à la plus grande unité p·ossible. Ainsi procède la nature dans le développement de la vie; ainsi doit procéder la pensée par une méthode vraiment naturc:::llc. Ainsi procède l'autodidacte Fournière. Comment, sous quelle forme, selon quelles_ lois a lieu l'élévation des choses au rang d'idées agissantes? Comment, sous quelle forme, selon quelles lois naissent et se développent les forces actives de conservation et de progrès? Où vont touu:s les appétences répandues dans l'humanité et qui ont leur origine dans le désir du mieux, et leur effet dernier dans le mouvement vers le
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