La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

RE\ï.:E ÉCONOMIQUE 2 35 chiffre des adhérerrts aux syndicats s'accroît tous les jours. Leurs membres, par l'importance <les propriétés qu'ils possèdent, représentent déjà une forte part de la production agricole française. Ils disposent à la fois de capitaux et d'une autorité sociale enorme dans la campagne qui leur assurent la possibilité de grouper trcs rapidement les producteurs non encore associes; par l'influence politique qu'ils puisent dans la force de l'association, ils peuYent faire concourir à leur but la législation existante accommodée par eux aux nécessités <le feur entreprise; que si cette lcgislation venait à les gêner, la même influence politique qui leur permet de tourner la loi leur permettrait également de la modifier dans le sens.de leurs intérêts. Dès lors, je ne •vois pas trop quel obstacle sérieux pourrait les emp0cher de realiser le système conçu, de constituer cette entente nationale des producteurs agricoles, supprimant les intermédiaires existants; et, cette économie faite sur les frais qui incombent aujourd'hui tout L'ntiers ..'t la production, selon ce qu'ils affirment, de relcYer, s'ils le ,·oulaient ensuite, le prix des produits? Encore une fois, il n'y a lù ri~n d'impossible. Seulement, après? ... V Les socialistes considèrent toujours d'un air satisfait le~ efforts faits en vue d'arracher la production actuelle :rnx heurts et aux troubles que déchaîne l'anarchie des producteurs en lutte constante de tous contre tous et au désordre non moins grand qui préside à la répartition aussi bien qu'à la production des marchandises - marchandises agricoles ou industrielles, il n'importe. Et quand des associations se fondent, des ententes se constituent entre producteurs d'une marchandise, soit pour releYer les prix, soit pour régulariser la vente, s'ils dénoncent les effets calamiteux que ces ententes provoquent dans la consommation des marchandises qui font l'objet d'une association spéciale, ils ont bien soin de distinguer le mobile de gain et de lucre qui a présidé à l'organisation de l'entente des nécessités générales de la production, qui, dans une certaine mesure, les justifient et même les légitiment. Ils savent en effet que toutes ces tentatives désordonnées, sporadiques, nées de circonstances locales ou particulières en apparence passagèr~s, réalisées en vue de fins particulières et de gains individuels, en réalité, sont engendrées par des causes générales, profondes, qui tiennent à la forme et à l'essence même du système de production en vigueur et que ces combinaisons, dénuées de toute utilité sociale, dans la pensée des contractants qui les forment, sont des ébauches qu'à travers les tâtonnements inéYitables le temps et l'expérience modifieront et parferont, jusqu'à ce qu'elles soient ..

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