La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

2 34 LA REVUE SOCIALISTE mains des syndicats, tel est, ni plus ni moins, le système nettement formule, à l'a,·cncmcnt duquel travaillent les directeurs du parti agrarien français. La réalisation d'un tel projet est-elle possible? M. Coulet, dans son li\Tc, en doute par instant. 11esquisse toutefois les grandes lignes de l'organisation que les syndicats pourraient constituer : « Les ententes devront se conclure cxclusi,·cment entre associations de producteurs d'une nature spcciale de produits ... D'une manière générale, la circonscription de chaque union régionale paraît deYoir <lélimiter assez exactement la zone propre à chaque grande production spéciale. Nous verrions donc se constituer, selon le Yœu du deuxiemc congrès national des syndicats, des coopératiYes régionales de Yente pour chaque nature de produits, qui, à leur tour, s'entendraient entre elles, lorsqu'elles seraient plusieurs, en divers po1nts du pays pour un même produit. Ainsi, nous aurions, scion toute Yraisemblance, une seule entente entre tous les producteurs de Yins de Champagne, une autre entre tous les producteurs <leYins <leBourgogne : au lieu que pour les bics, pour les Yins communs, rccoltés dans les diYcrses régions, les ententes régionales dcnaient constituer une entente supérieure entre elles, pour supprimer toute possibilité de concurrence. - Les producteurs grou.pés en associations primair~s (syndicats locaux ou coopèratiYcs locales) mettront en commun leurs récoltes auxquelles les soins nécessaires seront donnés par l'association. Les coopératives régionales, chacune dans leurs circonscriptions, connaîtront les stocks existants dans chaque association locale et répartiront entre clics les ordres à effectuer, à moins qu'elles ne jugent plus faYorablc ,i leurs intérêts de centraliser tout ou partie des stocks des associations locales au siège régional pour exécuter directement, au fur et à mesure, les comm_andes. Puis les bénéfices seront répartis par la coopératiYe régionale, proportionnellement aux linaisons faites par les associations locales et celles-ci les répartiront A leur tour selon les apports effectués par les producteurs. » Ce système se tient; théoriquement, les ententes ainsi organisées peuvent fonctionner et déjù le squelette de l'organisation existe: ce sont les syndicats agricoles actuels ou les sociétés coopératiYes qu'ils ont fondées à coté, car certainnyndicats se sont dédoublés; les unions régionales de syndicats, et même l'union centrale des agriculteurs de France qui centralise leur action et la dirige, peuvent théoriquement tenter l'entreprise. Sans doute, il faudrait que le nombre des adhérents fôt encore plus éleYe. L'entente ne peut se faire pour accaparer un produit et en fixer le prix de vente avec une majoration supérieure à celui qui résulterait d'une concurrence normale, qu'à la condition que les principaux détenteurs des produits entrent dans l'accord. Mais le

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