La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

RE\'CE tCOXOMIQCE teur syndiqué d'un point quelconque de la France à tous les cultivateurs des diverses régions, à travers les diverses institution~ si habilement superposées, du syndicat à l'Union nationale par l'intermédiaire des Unions départementales et régionales ». En effet, depuis 1889, les chefs des syndicats agricoles, au nom des intérêts ruraux dont ils se disent les représentants - sans distinguer entre les intérêts des grands, moyens et petits propriétaires habilement confondus dans un même systémc de défense, - sont intervenus dans la politique de cc pays, et leur action, d'abord disparate, s'est, peu à peu, unifiée, ccntrafüée, grâce au mot d'ordn.' donné par les têtes du parti agrarien qui dirigent de Paris les opér:nions de la province. L'Union centrale met en branle les Unions régionales; celles-ci les syndicats et les syndicats à leur tour entrainent avec eux la masse des cultivateurs, des fermiers, des métayers et des journaliers, placés sous leur dépendance directl: ou indirecte.« Les syndicats, dit le comte de Rocquigny, un des chefs de cc grand mouvement, ont modifié profondément les mœurs et habitudes des cultivateurs, qui ont par eux senti la nécessité Je s'intéresser à la marche des affaires publiques, au moins en cc qui touche les besoins de leur profession. Avec eux la démocratie rurale, nouveau tiers-état peut-être, est entrée en scénc. » Cela est parfaitement exact. Seulement ce que le comte de Rocquigny appelle « la démocratie rurale ,>, cc sont deux ou trois cc.nt mille grands proprictaires solidement unis sur toute la surface du territoire dont ils possédcnt de vastes étendues, travaillant en commun à enrégimenter les nioycns propriétaires par lesquels ils tiennent cultivateurs et journaliers, métayers et fermiers. Aussi, l'action politique des syndicats s'est-clic affirmée au cours de ces dix dernières année en imposant aux candidats politiques de toute nuance des programmes fayorablcs aux intérêts qui leur sont propres et en faisant échouer tous les projets de réforme qui menaçaient leurs intérêts. C'est ainsi que <l'une part, ils ont envahi les conseils généraux, qu'en beaucoup d'endroits ils s'efforcent de s'emparer des conseils communaux et que de l'autre, sur le tt:rrain de la fiscalité, ils ont fait repousser l'impôt sur le revenu et l'exonération des petits propriétaires de l'impôt foncier que la Chambre avait un instant adoptée sur la proposition de Jaurès. Si une mesurç apparaît nettement favorable aux masses rurales, ouvriers et petits propriétaires, c'est certainement cellt: qui devait exonérer de l'impôt les revenus au-dessous de 2,000 francs. La mesure soutenue par les représentants des populations urbaines ne devait pa~ apporter un grand surcroit de bien-être :'t leurs électrnrs. Les populations urbaines des grandes villes sont en partie exonér<'.:csde l'impôt que la taxe sur le reYenu deYait frapper; seuls, quelques commerçants

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==