228 LA REVUE SOCIALISTE d~fcnse lies intérêts économiqu'es, industriels et agricoles >>( r ). La circulaire resta lettre-morte. Les syndicats continucrent :\ acheter des engrais, <lesoutils :-igricoles, et a constituer des magasins d'approvisionnement. A l'heure qu'il est, on n'estime pas :\ moins de 100 millions les chiffres d'affaires rcalisés par les syndicats rien que sur les e1wrais. Les !)rota(!onistcs de l'association agricole ne s'en 0 ~· ~ cachent d'ailleurs pas. Au contraire. « Le syndicat professionnel agricole écrivait nao-ucre une des autoritès en cette matière, M. le comte ' t, de Rocquigny, tend de plus en plus à devenir une veritable sociètc de production et de vente agricole ». J'entends <l'ici les bonnes ùrncs consen·atrices qui fondent sur l'association agricole, telle qu'elle se pratique aujourd'hui, la rénovation sociale chère;\ leur cœur, la substitution de la reprcsentation <les intérêts :\ celle du suffrage universel, les !>yndic.1tsagricoles, par exemple, désignant les dcputcs charges de representer les fermiers et les journaliers, s'ccricr: « Les syndic:1ts suppriment les intermédiaires, substituent la coopération d'achat de matières gar,rntics, non falsifiees, absolument authentiques, au système de l'achat indiYiducl et de produits souvent fraudés, Ycndus par des intermédiaires coùteux, prclcvant des commissions ruineuses qui renchérissrnt le prix <lesproduits. Des hommes d'initiatiYe ont groupe en syndicat des agriculteurs autrefois épars, Yictimcs des fraudes et de tromperies sans nombre. - Bénissez leur initiati,·e gencrcuse et fècondc ... )) Nous pourrions répondre qu'annt tout, les lois sont faites pour être obcies, dcs,uns comme des autres; aussi bien des hommes« géncreux », d' « initiati\'c féconde», que des ou\'J'icrs égoïstes à initiatiYe bornée. Les sociétés commerciales, les coopérati\'eS sont soumises .i des prescriptions qui ne sont pas celles de la loi de 188-1-.Pourquoi celles qui sont fondées par les agriculteurs pourraient-elles se soustraire aux règles communes de ·la loi et fausser impunément celle de 1884 derrière laquelle elles s'abritent? A moins, car il faut toujours en reYenir lù, que la situation sociale, la qualité des fondateurs de ces socictc':scoopcrativcs et de commerce ne constituent un privilège - auquel cas, inscriYcz cc privilège dans la loi ... Et en effet, c'est bien parl'.e que les auteurs de ces violations répétc':esde la loi appartiennent .i une catégorie de priYilégiés, qu'ils ont pu la commettre imp1némcnt. Car la raison mèmc d'utilité publique qu'ils invoquent pour justifier leurs infractions n'est pas naic. Les fondateurs de syndicats, comme pour certaines coopératives, derrière lesquelles se dissimulent des capitalistes qui trouYcnt, dans ces associations à appa- (r) Circulaire de ~I. Thevenet, ministre de la justice, relative :, l'examen des statuts de syndicats, 9 dëcembre 1889.
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