226 LA RE\'UE SOCIALISTE culteurs, ployés les uns et les :iutrcs sous le fardeau écr:isant des ch:irgcs fiscales Jl'.:mcsurées, en disproportion const:intc a\"cc ieur cap:icité contributiYc et auxquelles ,·ienm:nt s'.1jouter pour :icheYer les sc.:conds les ch.1rges de l'hypothèque et de l'usure qui grèYcnt le lopin de terre du p:iys:in, qu'ont-ils donc fait; pourquoi se sont-ils déYcloppés avec cette rapidité; quel but poursuiYent-ils donc? D'abord, le groupement des propriétaires en syndicats, dont les membres fortement unis ont tous les loisirs de se Yoir, de s'entendre et de combiner leur action accroit singulièrement, on le comprend sans peine, leur puissance patron:ilc. L:i force qu'ils puisent d:ins l'associ.nion met à leur discrétion les trnvailleurs des champs et les petits agriculteurs. Ceux-ci sont disséminés sur des surfaces trop vastes, sous la dépendance trop immédiate des patrons, pour entreprendre utilement Je se grouper. Au cour<; d'un article paru dans la Revue de Paris, que cite M. Coulet, i\1. Mabilleau dit qu'au commencement d<l r896, il existait ï2 syndicats agricoles ouniers, la plupart constitués en des localités oü la culture prend un caractcre particulièrement industriel. « Depuis lors, ajoute M. Coulet, leur nombre s'est légcremcnt accru; mais nous ne pensons pas que cc nombre·soit jamais co111parablc ù celui des syndicats ouHicrs industriels ou des syndic.Hs agricoles patronaux. Les propriétaires d'une petite commune peuvent facilement sinon constituer un syndicat communal, du moins s'affilier au syndicat \'Oisin, cantonal, d'arrondissement ou de cheflieu - ils ont pour cela l'argent et le temps. Mais que feront de vrai111ent utile les traYailleurs disséminés dans les petites communes, dans les hameaux ou dans les fermes, et dont le nombre total est pourtant considérable? Lorsqu'ils auront constitué un syndicat au chef-lieu de canton ou d'arrondissement susceptible de grouper utilement leurs faibles ressources, auront-ils le loisir de s'y rencontrer régulicrcment pour s'el'ltretenir de leurs intérêts communs, se connaître et laisser naître entre eux la mutuelle confiance, la solidarité? Donc, les propriétaires déj:\. tout puissants en face de leurs salaries qui n'ont pas encore la possibilité de s'associer et de grouper leurs intcrêts, en créant les syndicats patronaux que sont aujourd'hui les syndicats agricoles, ont encore accru leur prépondérance économique et la domination de classe qui s'attache naturellement aux prerogatiYes du propriétaire. Mais a coté de cet intérêt de classe qui n'est pas mince, un intérêt pécuniaire considérable les poussait à se réunir. Si, en effet, les syndicats agricoles se préoccupent peu d'améliorer la culture, d'initier la petite propriété aux procédés scientifiques dont la grande use depuis quelque temps, chacun de ses membres a vu la possibilité de tirer un bénéfice direct de l'association, et ces « porte-paroles autorisés » de la
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