La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LE CONGRÈS SOCIALISTE DE STUTTGART marck qui ne désirait rien plus ardemment que de pousser le prolétariat sur les barricades, cet esprit règne aujourd'hui encore. Nous cherchons à éYiter les catastrophes, nous, mais nos ennemi.s les préparent. « Plus les antagonismes s'accentuent, et plus il faut que nous soyons unis. Mais au moment oü nous laisserions s'effacer la ligne de démarcation qui nous sépare des partis bourgeois, où nous ne faisons plus savoir aux camarades ce qui est prolétarien et socialiste, ce gui est bourgeois et démocratique, en cc moment la force de notre parti s'éYanouirait. C'est sur le terrain de la lutte de classe du prolétariat que repose la force de notre parti; à l'instant ot'.1nous l'abandonnons, le même phénomene se produit qu'avec la force électrique: si le courant est interrompu, nous nous arrêtons sans force; nous cessons d'être un parti de prolétaires à l'instant ou nous cessons d'être un parti de lutte 1 de classe. « On a prononcé cette parole : « Le mouvement est tout pour « moi, le but final n'est rien ». C'est une grande folie, car un pareil mouvement ne serait rien de plus qu'une course sans plan et sans raison. La camarade Luxemburg a dit inversement : « Le but final est « tout pour moi, le mouvement n'est rien. » Cela est tout aussi faux. Car comment concevoir le but final sans mouYement? Non : notre travail est le mouyement pour le but final, et le but final est le renversement de la sociéte capitaliste. » Le député \Vurm, chargé par le groupe démocrate socialiste du Reichstag du rapport sur l'activité parlementaire du parti, ne fut pas moins radical que Liebknecht et Kautsky : « Jusqu'ici, dit-il en achevant de parler, toutes les divergences d'opinion qui se sont manifestées ici ou là se sont <léYoilées comme des malentendus. Mais si l'heure devait venir où cc ne seraient plus des malendus, alors le parti, par sa représentation suprême, le Congres, devrait saisir luimême le gouvernail, et, d'un solide coup de barre, diriger à gauche le navire du parti ». « La révolution est le fondement de notre existence», déclara-t-il dans la discussion qui suivit. Après les déclarations réYolutionnaircs du théoricien Kautsky, après les déclarations révolutionnaires du Yieux combattant de r848, le Congrès venait d'entendre les déclarations révolutionnaires du porte-parole du groupe socialiste. Et le Congrès aYait salué de ses applaudissements ces déclarations révolutionnaires. Cela étaît dans la logique des choses. Les modérés avaient rompu l'équilibre entre les deux tendances du parti : il fallait, pour le rétablir, que la masse de la démocratie socialiste se portât du côté opposé. La masse de la démocratie socialiste se porta à gauche. L'effort tenté pour faire pencher le parti dans

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