La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

16 LA REVUE SOCIALISTE le sens de la tactique réformiste s'était heurté à la lourde résistance des intërêts et des énergies révolutionnaires du prolétariat. * * * Les provocations de !'Empereur aYaient aussi contribué à agacer les instincts révolutionnaires. Et le Congrès répondit par des déclarations violemment antimonarchiques aux provocations de !'Empereur. L'Empcrcur, par son toast d'Œynhausen, aYait menacé la classe ounière dans l'un de ses droits primordiaux, dans son droit de grèYe : à Stuttgart, contre )'Empereur, se dressa, fier et Yaillant, le parti de la classe ouvrière, le parti démocrate socialiste. DiYers débats furent l'occasion <leprotestations nombreuses contre le discours d'Œynhauscn; on entendit des paroles hardies, Yiolentes : « Guerre au couteau contre le système du gouvernement personnel! )> (T{a111pfbis auf's ,.Vfessergegm ilas Sysle111des pcrsonlicben Regi111wls), s'écria Schœnlank. Et, pour donner plus de netteté, plus d'éclat à la protestation, le droit de coalition fut inscrit à l'ordre du jour. « Si nous avons décidé de nous occuper de cette question, dit le rapporteur Fischer, c'est parce que nous \'oulons, nous, les représentants de la classe ouvrière allemande consciente de ses intérèts de classe, donner réponse au discours d'Œynhausen, dire cc que nous pensons des menaces exprimées en cette occasion. Les on Hiers allemands ne comprendraient pas notre silence, il serait interprété comme un signe de lâcheté, de faiblesse et de peur! Et, camarades, nous sommes tous d'accord sur cc point, que rien n'expliquerait de notre part de la lâcheté et de la peur. Si !'Empereur, par son toast d'Œynhausen, a promis aux patrons wcstphalicns, pour les prémunir contre les heures de crise, sa protection et son aide, ch bien! nous voulons, nous, parlement ouvrier, exprimer aux ouvriers notre désir de leur venir en aide, en les exhortant à s'armer à temps, pour se prémunir eux-mêmes contre les heures de crise dont les menacé la fureur de persécution et d'oppression de la classe des patrons, du gouvernement de l'Empire et des gouYernements fédérés. » Et Fischer, après avoir mis en lumière l'alliance des classes possédantes et de !'Empereur, après aYoir montré, dans le toast d'Œynhausen, l'indiscutable a,,cu du renoncement à la réforme sociale, la fin du conte fantastique de la« royauté sociale », après avoir signalé les complaisances de la société présente, de ses lois, et surtout de sa police, de sa magistrature, pour les patrons; leurs sévérités pour les ouvriers ; apres aYoir montré combien est limité, aujourd'hui déjà, le droit de coalition des ouwicrs, invitait la démocratie socialiste à organiser dans l'Allemagne enticrc la protestation de la classe ouvricre contre les menaces de l'Em pereur. « La déclara-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==