RE\TE PHILOSOPllfQLï' 2 II ,ion les accepte même à ce seul titre, « ils sont par eux-mêmes tellement suffisants qu'ils font neccssairement disparaître tous ks autres, ou tout au moins les rendent inutiles en les reduisant à l'etat de simples illustrations d'un texte fondamental et sacre». - Je ne pense pas que les philosophes, surtout depuis Eant, puissent accorder que le bien moral de,·icnt un simple lexie sucre des qu'on admet, :i tort ou à raison, que le bien moral a pour sanction un principe quelconque de justice immanent à l'univers. Sans aucun texte biblique, celui qui fait le bien peut esperer qu'il n'a pas agi en vain et que la justice a un fondement objectif. « L'idée purement philosophique de Dieu est la representation, sous une forme necessairement psychologique et, par conséquent, encore anthropomorphique, <le la réalite fondamentale comme enveloppant une conciliation finale de l'ideal moral avec la nature. Je ne' prétends pas examiner ici la question au point de vue métaphysique; il y aurait beaucoup à dire pom et contre; je soutiens seulement que tout moraliste arrive à se demander si la morale est purement subjective ou si elle répond à la constitution même de l'uni\'ers et trou\'e sa confirmation finale dans quelque suprême unite de l'idéal et du reel. Il est difficile de croire que la morale puisse 0tre indifférente à cette question de saYoir si son propre idéal est en harmonie fonciere ou en opposition foncierc aYec la réalité. li y a !A un probleme qui se pose à la fi11 de toute morale naturelle sous le nom un peu trop humain de sa.11clio11. Certes la morale ne dépend pas de la sanction, mais c'est la sanction qui dépend de la morale et en est la conclusion necessaire. Il importe donc de faire comprendre aux enfants que la science positive n'a pas démontre et ne demontrera jamais qu'en traYaillant pour le bien on travaille finalement pour une chimére. « i\l. Fourniére est mon confrère en idéalisme, et je m'en félicite ; mais l'idéalisme aboutit, lui aussi, a ce problème ultime : l'idéal a-t-il un fondement au cœur même Je la réalite? Si nous devons réaliser l'idéal, ne faut-il pas que l'idéal soit posJible, et le possible ne repose-t-il pas, en. définitive, sur le reel? De là la nécessité d'une interprctation morale de l'univers. La question de Dieu n'est que la forme traditionnelle et plus ou moins populaire de cet inévitable problème. « En résumé, nos enfants ne peuvent et. ne doiYent ig11orer ni les bases naturelles de la morale, ni les bases naturelles des croyances philosophiques, ni même les bases naturelles des religions qui se disent surnaturelles. Le résultat de cette ignorance serait précisément la fameuse maxime qui a si justement scandalisé et inquiété M. Fournière: Dieu, c'est l'argent. Il faut faire comprendre aux enfants que ceux qui ne vont pas à la messe ou à confesse n'en ont pas moins des raisons positives d'admettre un devoir de l'homme envers lui-même et
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