La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

210 LA REVUE SOCIALISTE siguc indépendante et même de theodicéc indépendante, a fini par produire dans la masse la confusion des idées de trinité ou d'incarnation a\·ec celles de Dieu, de deYoir, <le l'idéal, etc. « Cette situation gui, il faut l'espérer, est transitoire, appelle un reméde. Actuellement, ernpêcherez-Yous les enfants de nos campagnes et de nos Yilles d'entendre prononcer les noms de Dieu, d'âme, de destinée, etc.? Et est-il bon que ces noms demeurent chez eux indissolublement associés à ceux du temple ou de la synagogue, des sacrements religieux, du paradis ou de l'enfer, etc.? Je ne le crois~pas. Si donc Yous Youlez que la dissociation s'opcre, il faut qu'une philosophie élémentaire, sous des formes nécessairement un peu enfantines, établisse les raisons purement humaines des croyances idéalistes et même spiritualistes, qui sont actuellement les croyances traditionnelles des pays civilisés. Il importe au plus haut point que la 111orale1ia/11relle et ses rt'lafi()IIS 11at11relfrs oient nettement établies dans l'enseignement primaire comme dans l'enseignement secondaire, indépendamment de to11/eco11fessio1re1ligie11se et de tout dogme, afin qu'il ne se fasse aucune confusion dans l'esprit des éléves, entre le rationnel et le réYélé. Mais, pour qu'il en soit ainsi, 1° il faut enseigner une morale se suffisant à elle-même sur les bases de l'idée de deYoir et de l'idée sociale, qui ne dépendent pas de l'idée de Dieu; 2° il faut montrer la relatio11 purement naturelle de cette morale aYec les croyances également toutes naturelles relatiYes au principe du monde et à la destinée humaine, quelle que soit d'ailleurs la Yaleur absolue de ces croyances; 3° il faut distinguer avec soin la morale rationnelle et la théodicée rationnelle d'ayec les religions dites révélées et les confessions dogmatiques. « Cette triple distinction est impossible si les programmes ne contiennent pas eux-mêmes : r0 une partie fondamentale consacrée à l'établissement de la morale sur des bases purement rationnelles; 2° une partie accessoire.consacrée à l'exposition purement rationnelle et philosophique des di\·erses sanctions que la raison a essayé de concevoir pour le bien moral, y compris les sanctions spiritualistes; 3° une partie consacrée à distinguer ces sanctions toutes rationnelles admises par Socrate, Platon, "\Toltairc, Rousseau et Kant, d'ayec les sanctions proposées par les diYcrses religions. « Il n'est pas exact, on le Yoit, que j'aie « étayé mon impératif avec la notion de Dieu »; j'ai soutenu, au contraire, avec Kant, que la notion de Dieu s'étaie sur l'idée et la volonté du bien moral. C'est précisément cc qu'il faut faire comprendre au1 enfants et aux jeunes gens, afin que l'ébranlement éventuel des croyances théistes n'entraîne pas celui des croyances morales. J'ai dit aussi que les motifs théologiques 11efo11dwt pas le devoir, qu'ils ne pem·ent, pour ceux qui les admettent, que corroborer et sa11clio1111er. M. Fourniére me répond que,

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