La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

RE\"UE PHILOSOPHIQUE 209 ________ _..:_ _________________ rendu au socialisme, dont le but est l'accord, en idée et en fait, de l'individu et de la société. * * * En réponse à notre dernière revue, M. Alfred Fouillée a adressé à notre Directeur la lettre ci-après : ccMenton, 28 janvier 1899. « Monsieur, cc Dans son intéressante cc Revue des Revues, ii M. Fournière, examinant un article que j'ai publié dans la RevueBleue, dit que j'ai cc écrit des manuels de morale pour nos enfants ii. Il y a là une erreur de fait que je dois relever. Je n'ai rien écrit pour les enfants. C'est Mme Fouillée qui, sous le pseudonyme de G. Bruno, a publié des livres universellement répandus dans les écoles . . cc Quant à la question de savoir si l'idée de Dieu doit être bannie de la morale scolaire, je l'ai trop longuement traitée dans la Revue Bleue pour y insister ici. Les programmes officiels ont fait une place à cette idée dans l'enseignement primaire comme dans l'enseignement secondaire, et il faut convenir qu'il serait étrange de défendre à l'instituteur de prononcer le nom de Dieu alors qu'on oblige le professeur de philosophie à faire l'examen de cette idée et à développer les raisons sur lesquelles repose toute croyance naturelle en Dieu, quelque opinion que l'on conserve finalement sur la valeur de cette croyance. << M. Fournière constate que, cc avec leur logique simple >i, les foules incroyantes « ont franchi l'étape du déisme >i. Cela est vrai; mais elles ont aussi, ce qui est plus grave, franchi l'étape de l'idealisme, elles ont même franchi l'étape de la morale. M. Fournière nous les montre disant : « Le bon Dieu, c'est l'argent. ii N'y a-t-il là que la nég~tion de Dieu ? N'y a-t-il pa~ aussi la ncgation de tout idéal désintéressé et même de toute moralité? L'idéal, c'est l'argent; la morale, c'est de s'enrichir! M. Fournière « convient sans détour que ces caracteristiques sont plutôt alarmantes i>. cc Reste à saYoir les vraies causes du mal et les vrais remèdes. « Le scepticisme moral vient précisément, selon nous, de ce que, pendant des siècles, on a lié la morale à des religions révélées et dogmatiques. Mais il vient aussi de ce qu'on a lié à ces mêmes religions l'idéal métaphysique d'un être parfait assurant le triomphe final de la justice, au lieu d'y montrer une conception purement philosophique, due au travail (légitime ou illégitime) de la raison sur elle-même. L'absence, non seulement de morale indépendante, mais de métaphyI

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